Les masques distribués aux enseignants posent question à plus d'un titre. Ils sont donnés en trop petite quantité, ils constituent "une protection insuffisante face à des enfants" selon l'ARS, mais surtout ils sont imprégnés de zeolithe d'argent, qui peut entrainer des effets néfastes à long terme.

Masques DIM (image promotionnelle du produit)
Masques DIM (image promotionnelle du produit)

On a tous en mémoire les images d'Emmanuel Macron qui s'étouffe devant des étudiants à Clermont Ferrand en septembre dernier alors qu'il porte un masque en tissu blanc. Il a du mal à reprendre son discours et demande qu'on lui donne un autre masque. Le masque en question est celui qui a été distribué par l'Education Nationale à l'ensemble des enseignants et c'est la marque DIM qui les fabrique, la même qui confectionne les sous-vêtements. 

Quel est le problème avec ces masques ? 

Déjà sur leur nombre, ils ont été distribué en quantité largement insuffisante. Un paquet contient cinq masques et chaque prof devra se contenter de ce seul paquet pour toute l'année. Or sur l'emballage il est bien écrit que ce masque doit être changé toutes les quatre heures. Avec un calcul simple on s'aperçoit qu'au bout d'une semaine à peine, tous les masques doivent passer à la machine. Mais comme le fabricant indique que ces masques doivent être lavés 30 fois maximum, on voit vite qu'il n'y en a pas assez. 

La deuxième interrogation porte sur leur efficacité. Récemment l'ARS, Agence Régionale de Santé, a indiqué que ces masques en tissu ne constituaient pas "une protection suffisante envers les enfants". Une école ça bouge, il y a des élèves qui courent, qui se touchent et les gestes barrières sont difficiles à mettre en place. D'autant plus que le protocole sanitaire dans les établissement scolaires est de plus en plus allégé. Il faut savoir que les clusters les plus importants proviennent largement des écoles d'après une étude de Sante Publique France... C'est pour cela que l’ARS préconise "de doter le personnel de masques chirurgicaux", qui sont plus efficaces mais réservé au personnel soignant. 

L'article parle d'un troisième problème bien plus inquiétant ? 

Oui, il s'agit de la présence de zéolithe d'argent dans les masques. La zeolithe est une structure naturelle ou artificielle, qui est synthétisée par l'homme pour capter d'autres structures. La litière pour chat par exemple, c'est de la zéolithe synthétisés avec de l'argile pour capter les odeurs d'urine. Dans les masques ce n'est pas de l'argile mais des particules d'argent qui neutralisent les bactéries. 

Alors, soyons clairs, si vous touchez un tissu imprégné de zéolithe d'argent, il ne vous arrivera rien. Mais si vous collez vos lèvres et votre peau durant huit heures tous les jours, il peut y avoir une bioaccumulation de granules métalliques dans différents organes : le foie, les reins, l’intestin, les glandes surrénales et, dans de rares cas, la moelle épinière. L'Agence Europénne de produits Chimiques indique même que les particules sont "susceptibles de nuire à la fertilité". 

Sommes-nous les seuls avec ce cas ? 

Non, en Belgique trois organisations de textile ont sonné le signal d'alarme peu avant l'été à cause de masques similaires produits par une firme luxembourgeoise. Dans un communiqué elle ont estimés que 60% des particules d'argent sont libérés dans la nature au bout de 10 lavages seulement. Or d'après l'Agence Européenne de produits Chimiques la zeolithe d'argent est "très toxique pour les organismes aquatiques et entraîne des effets néfastes à long terme" 

En attendant que les pouvoirs publiques interviennent en France comme ailleurs,  si vous devez porter un masque longtemps, privilégiez les masques chirurgicaux. 

Cette chronique a été réalisée en partenariat avec Reporterre.net. Retrouvez ici l'article complet de Maxime Carcel sur le sujet

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