Les îles nous font tous rêver, mais existe-t-il une île au dessus des autres ? Il est une île dans l'océan Indien ancrée dans les rêves de tout naturaliste. Il s'agit de Madagascar.

Un indri
Un indri © Getty

Madagascar, la Grande Île, est  une île dans l'océan Indien ancrée dans les rêves de tout naturaliste. 

Sous la pluie, tout enregistrement ou photographie est unique, mais il l’est encore plus car Madagascar est une île vieille de 88 millions d'années qui abrite une biodiversité exceptionnelle. Cette île compte environ 200 000 espèces dont 80 % sont endémiques, c'est-à-dire qu'elles ne se trouvent nulle part ailleurs.

Madagascar est un diamant de biodiversité mais Madagascar souffre de nombreux maux qui mettent en grave danger les Malgaches et leurs trésors. Les milieux naturels sont attaqués par l'agriculture, la coupe de bois tropical, la chasse, l'exploitation de l'or ou des pierres précieuses.

Il se pourrait qu'un jour, les Malgaches ne puissent plus entendre Le lémuriens indris (Indri indri), cousins des fameux maki catta (Lemur catta), ces lémuriens à la queue en tricot rayé. Ces primates, enregistrés par Fernand Deroussen, vivent en petits groupes - un mâle, une femelle, des jeunes. Ces cris assurent la communication à l'intérieur des groupes et entre les groupes. Les individus d'un même groupe chantent en chœur et établissent des duos avec les individus d'autres groupes.

Valeria Torti de l'Université de Turin a longuement étudié la communication sonore des indris. Elle a pu mettre en évidence une proximité acoustique chez les mâles qui correspond à une proximité génétique : plus les individus ont des liens familiaux proches, plus leurs cris se ressemblent. Par ailleurs, les cris et l'ordre dans lequel ils sont émis - on peut parler de syntaxe - présentent une signature sexuelle et individuelle. Le genre et l'identité de chaque individu est donc identifiable par le cri, une double signature que les indris utiliseraient pour la défense des territoires, la reproduction et la cohésion de groupe. Finalement, les indris arrivent à dire beaucoup dans un son d’alarme de voiture.
 

Et sous la mer que se passe-t-il à Madagascar ?  Les côtes de Madagascar sont, entre autres, le lieu de séjour et de naissance des baleines à bosse (Megaptera novaeangliae). Alors que l'on sait énormément sur les vocalises des adultes de ces géants des mers, on ne savait presque rien des possibles échanges vocaux entre mères et jeunes. Anjara Saloma, Olivier Adam et Isabelle Charrier de l'Université Paris-Saclay, Sorbonne Université et l'association Cétamada ont réussi à espionner pour la toute première fois les échanges sonores dans le canal de Sainte-Marie entre la mère baleine et son baleineau grâce à des balises posées directement sur la mère.  On sait donc aujourd'hui que la mère et son jeune communiquent, échangeant jusqu'à 26 sons différents émis à faible intensité : des 'boom', des 'snort', des 'gru', des 'burp', des 'thowp' et des 'wop', mais aussi des 'groan', des 'downsweep', des 'woohoo', des 'heek' et des 'whoop' !  A quoi servent ces sons ? Probablement à établir et maintenir un contact entre la mère et son jeune mais, finalement en 2020, on ne connaît toujours pas les secrets marins que la maman d'un des plus grands mammifères au monde murmure à son enfant.

Fermez les yeux, ouvrez les oreilles, écoutez la comptine, ça fait du bien.

Le son de la Terre, une chronique de Jérôme Sueur, bio acousticien au MNHN,  en partenariat avec le Muséum national d'Histoire naturelle et sa sonothèque.

http://www.mnhn.fr

https://sonotheque.mnhn.fr

https://www.cetamada.org

https://www.cb.universite-paris-saclay.fr/

https://naturophonia.jimdo.com

Programmation musicale
  • FRANÇOIS & THE ATLAS MOUNTAINSLes plus beaux (radio edit france inter)2011
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.