Reporterre.net s’intéresse à l’impact des panneaux photovoltaïques sur l’artificialisation des sols

L'impact des panneaux photovoltaïques sur l’artificialisation des sols avec Grégoire Souchay de  Reporterre.net  le quotidien de l'écologie

On a déjà entendu ce chiffre : l’équivalent d’un département est artificialisé en France tous les 8 à 10 ans. Les causes principales sont connues : l’étalement urbain qui touche d’ailleurs les campagnes, les zones d’activité économique et bien sûr l’infrastructure routière. Loin derrière, on trouve maintenant les énergies renouvelables dont les panneaux photovoltaïques. Ils occuperaient l’équivalent de 50 km² en toiture. Les surfaces au sol représentent elles 100 km², mises bout à bout, c’est quasiment la superficie de Paris.

Et la dynamique du développement de ce photovoltaïque au sol qui interroge. Parce que si la France veut tenir sa feuille de route de l’énergie, la PPE, l’installation de panneaux va devoir s’accélérer fissa. Jusqu’ici, on a installé 10 GW de puissance en quinze ans. Il faudrait pour arriver aux objectifs 3 à 4 GIGAWATT supplémentaire CHAQUE année jusqu’en 2028. Et donc trouver des espaces pour le faire. La piste prioritaire reste d’installer ces panneaux sur des surfaces déjà artificialisées : carrières, mines, bords d’autoroutes. L’ADEME a produit une étude en 2019 qui évalue à plus de 50 GW le gisement des zones délaissées. Un chiffre assez théorique. Ces zones peuvent être polluées ou inaccessibles. Des contraintes forcément plus coûteuses.

Alors quelles sont les solutions ? _L_es promoteurs se tournent vers le plus rentable et le plus simple : les parcs au sol sur des surfaces agricoles ou naturelles. En théorie, c’est impossible depuis 2009. Sauf que les parades sont nombreuses : modification des plans d’urbanisme, changement de classement au cadastre et puis une nouvelle tendance : l’agrivoltaïsme. Des panneaux posés AU DESSUS des parcelles agricoles, pour créer une « synergie » de fonctionnement. Un ombrage pour des vignes par exemple ou du fourrage pour des troupeaux. La vocation agricole des terres doit rester prioritaire … mais encore faut-il arriver à le mesurer.

Et puis on voit aussi apparaitre des projets plus ambitieux. C’est le cas par exemple dans les Landes : 1000 hectares de panneaux au sol à la place d’une pinède. Horizeo, c’est son petit nom. Reporterre vous en parlera bientôt. En fait, un peu partout sur les territoires, des prospecteurs proposent à des propriétaires agricoles ou forestiers de louer des terres jusqu’à 10 000 € l’hectare, dix à quinze fois le prix d’un fermage. L’intérêt à y produire des légumes devient d’un coup très réduit. Le risque c’est de voir se multiplier ces conflits d’usages entre agriculture, biodiversité et production croissante d’énergie renouvelable. Alors qu’en même temps, la baisse des consommations, elle, passe une fois de plus au second plan.

Avec Grégoire Souchay de Reporterre.net, le quotidien de l'écologie

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