Reporterre publie cette semaine une enquête fouillée sur l’origine du Covid, avec des questions que vous qualifiez de « vertigineuses »

Cela fait plus d’un an qu’on vit avec ce satané virus, mais la façon dont il a commencé à se transmettre et à se diffuser parmi l’espèce humaine reste mystérieuse. La transmission depuis le réservoir que constituent les chauve-souris est à peu près certaine, mais les étapes entre elles et les humains restent inconnues. On a longtemps pensé que c’était le pangolin, mais l’analyse génétique a montré que cela ne correspondait pas. L’hypothèse d’une échappée depuis un laboratoire chinois de recherche reste aussi sur la table. Mais il y a une autre piste qui suscite de plus en plus d’attention 

On se pose la question des visons. Tout est parti en avril aux Pays-Bas, quand des chercheurs se sont rendus compte que les visons étaient très sensibles au virus du covid, mais aussi le passage aux humains était très fréquent, l’inverse d’ailleurs étant vrai aussi. 

Quelles conséquences cela a-t-il eu ? 

La recherche sur cette chaîne de transmission a continué assez discrètement, jusqu’à ce qu’elle soit avérée non seulement aux Pays-Bas, mais aussi en Espagne, en Italie, et au Danemark. Et en novembre, alors que des contaminations nombreuses par des visons se multipliaient, le gouvernement a décidé l’abattage de seize millions de ces animaux élevés en masse pour leur fourrure. 

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Car si l’on remonte à la source du premier foyer infectieux du Covid, qui a été en Italie, dans la région du nord, la Lombardie, on constate qu’il se situe précisément dans un petit territoire où se concentrent cinq élevages italien, dont l’un, à Capralba. Cet élevage est très réputé et en fréquente relation avec la Chine, qui est le premier producteur mondial – et de loin, de visons. 

Que peut-on conclure de tout cela ? 

Il faut être très prudent, mais de nombreux scientifiques européens reconnaissent maintenant que le vison joue un rôle dans la pandémie, même si on ne peut encore déterminer précisément lequel : victime, amplificateur, hôte transmetteur ? La question qui se pose est de savoir s’il peut être à son origine. Mais pour y répondre, il faudrait beaucoup plus de transparence de la part des autorités et de la profession des producteurs de visons, notamment pour rendre disponibles les échantillons et les séquences génétiques des virus prélevés sur les animaux. Il faudrait aussi que la Chine s’ouvre franchement. Pour l’instant, on en est loin. 

On peut lire cet article sur votre site Reporterre.net le quotidien de l’écologie.  

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