C'est le retour des néonicotinoïdes en France. Ils agissent sur le système nerveux des insectes, on les surnomme même les « tueurs d’abeilles »

La chronique de la Terre en partenariat avec Reporterre.net :   avec Justine Guitton-Boussion sur   le retour des néonicotinoïdes en France… 

Les néonicotinoïdes ? :   le mot est compliqué et difficile à prononcer, mais les néonicotinoïdes ce sont tout simplement des insecticides très toxiques. Ils agissent sur le système nerveux des insectes, on les surnomme même les « tueurs d’abeilles » . Ils sont interdits en France depuis une loi de 2016, une loi qui était portée par la secrétaire d’État à la biodiversité de l’époque, Barbara Pompili . Ce nom vous rappelle sûrement quelque chose , puisque Barbara Pompili est désormais ministre de la Transition écologique .

Et coup de théâtre, cet été, en plein mois d’août ! :  Un de ses collègues, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie, a prévu d’autoriser le retour des fameux néonicotinoïdes pour venir en aide au secteur de la betterave sucrière ! Le sucre que vous mettez dans votre café ou dans votre yaourt  vient sûrement des cultures de betteraves sucrières françaises ar notre pays est le premier producteur européen de sucre, voyez-vous ! Mais la filière est mal en point . Cette année, de nombreux producteurs ont subi le virus de la jaunisse . Pour résumer, dans certaines parties de la France, les champs de betteraves ont été envahis par des pucerons . Ces pucerons se sont transmis le virus de la jaunisse, et ils l’ont transmis aux cultures de betteraves . Résultat : les champs sont devenus jaunes, et les betteraviers ont perdu une grande partie de leur production . Ils ont donc été nombreux à demander au ministre de l’Agriculture de ré-autoriser les néonicotinoïdes pour éradiquer les pucerons, et donc les pertes dues au virus 

Le retour des néonicotinoïdes fait polémique… nous avons d’une part les agriculteurs qui veulent un retour des néonicotinoïdes et on peut tout à fait les comprendre . Justine est  allée rencontrer Alexis, un producteur de betteraves dans l’Oise  qui lui a expliqué que lorsque les néonicotinoïdes ont été interdits, les agences d’État lui avait dit « Ne vous inquiétez pas, on va vous donner d’autres produits moins dangereux qui auront le même effet » ...Sauf que ça n’a pas du tout marché, et ses champs sont tout jaunes . Alexis estime qu’à cause de la jaunisse, il va perdre plus de 40.000 euros . Donc forcément, on comprend qu’il veuille une solution rapide, et pour lui, ça passe par un retour temporaire des néonicotinoïdes 

Hors de question ! s’alarment de leur côté les associations de défense de l’environnement . Elles rappellent que des études scientifiques ont prouvé que les néonicotinoïdes sont des substances qui vont rester dans les sols pendant des années, s’infiltrer dans l’eau, et se répandre dans l’environnement . Cela causera un danger énorme pour les insectes, même en ne s’approchant pas des betteraves 

Donc quelle est la solution ?  Pour l'agronome Marc Dufumier ,  la seule solution c’est de complètement repenser la filière de la betterave , arrêter les insecticides, pour protéger les coccinelles par exemple, qui vont manger les pucerons  et reconnaître la jaunisse comme un accident naturel ponctuel, et donner des compensations aux agriculteurs . Et surtout accepter de moins produire, et que cette production soit payée à un meilleur coût .Deux visions s’opposent donc, et ne discutent pas pour le moment 

Le projet de loi sur le retour des néonicotinoïdes sera examiné à partir de demain à l’Assemblée nationale . Si le Parlement refuse ce retour, Alexis  et ses confrères seront nombreux à arrêter de produire des betteraves. 

Avec  Justine Guitton-Boussion… On retrouve l’article consacré à ce sujet sur Reporterre.net le quotidien de l’écologie…  

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