Malgré tous vos efforts pour acheter en vrac, pour recycler vos déchets, pour manger local, malgré le vélo que vous prenez matin et soir, pour éviter la voiture. Malgré la croix que j’ai faite sur les bains et les très longues douches. Eh bien nous finirons tous les trois par être de grands pollueurs !

Une bonne et une mauvaise nouvelle.

Eh bien il y a encore pire comme mauvaise nouvelle.  Je dois vous le dire et j’en suis absolument désolée : nous allons tous finir par mourir ! Le plus tard possible, je nous le souhaite mais c’est en cela que nous allons polluer.  Si par exemple, vous optez pour la crémation, vous émettrez du CO2.  D’abord à cause de la consommation de gaz mais aussi des vernis utilisés. Vous émettrez peut-être aussi du mercure à cause de vos plombages dentaires !  Une crémation équivaut en moyenne à 3% des émissions d’un français sur 1 an.  

C’est peu, la crémation est polluante mais ce n’est pas le pire rite funéraire. 

Le pire c’est de mourir non ?  

Oui, c’est sûr cela nous pend au nez mais je parlais d’environnement. Le pire en la matière c’est l’inhumation.  On est là à 11% des émissions de CO2 d’un français sur un an.  

La construction du caveau, la prise tombale souvent fabriquée avec du granit importé, l’entretien des espaces verts pendant minimum 30 ans, la fabrication du cercueil, le formol utilisé pour converser les corps: une inhumation équivaut à un peu plus de 3 crémations en terme d’émissions de gaz à effet de serre.  

Quelle est la bonne nouvelle puisqu’il nous faut mourir un jour ?  

Eh bien la bonne nouvelle, c’est que d’abord des solutions sont à l’étude pour les rites funéraires traditionnels. Opter par exemple pour des cercueils et des monuments plus légers, sans vernis, le tout made in France. Installer des filtres plus puissants dans les crématorium aussi. 

Mais il existe maintenant des techniques encore plus écologiques. La liquéfaction, aux Etats-Unis.  

Certains Etats permettent de dissoudre dans un bain chimique le corps de nos morts. Cela prend entre 3 et 16 heures. C’est se liquéfier au sens littéral du terme, il ne reste de nous qu’un liquide couleur café qui pourrait être utilisé comme engrais, cela c’est encore à l’étude.  

Ce procédé est très peu polluant mais peut-être un peu difficile à accepter pour les proches du défunt.  

Existe-t-il des techniques moins radicales ?  

Aux Pays-Bas, vous pouvez désormais vous faire enterrer dans un cercueil… en champignons.  

Le corps est entièrement décomposé en 2 à 3 ans. Pour concevoir ce cercueil, il faut donc du mycélium, mélangé à des copeaux de bois, le tout insérer dans un moule. Une semaine plus tard, le cercueil est formé.  

De la mousse remplie d’insectes et de micro-organisme accueille le corps de la personne décédée. Cela permet de neutraliser les toxines dans le sol. Une mort écolo et pas si  cher, 1500 euros.  

Autre procédé, autorisé dans l’Etat de Washington, interdit par la loi en France mais défendu par de plus en plus de personnes. L’humusation.  

Se transformer en humus sain et fertile.  Le corps est déposé sans vêtements ni bijoux dans un linceul biodégradable, il ne subit aucune préparation. On le dépose sur un lit végétal. Au bout de 3 mois, la peau et les chairs décomposées, on retire les matériaux non biodégradables. Au bout d’un an, les proches du défunt peuvent venir récupérer un seau de ce compost. En une année, l’humusation produit 1M3 d’humus.  

Il existe d’autres techniques écologiques mais nous aurions besoin d’une vie pour en parler.  

Je termine avec cette phrase écrite par Patrick Grainville dans Les Flamboyants. Laissons nos morts à la nature, qu’ils servent à quelque chose au moins…  

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