Nouvelle voix dans la Terre au Carré, celle de Fanny Annot Oualia, directrice de la rédaction de Konbini

Masque jeté dans la rue
Masque jeté dans la rue © Getty

J'ai aujourd’hui pour vous, une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle c’est que, grâce au port du masque, nous tentons d’éviter ce fameux rebond épidémique qui nous pend au nez. 

Vous le savez, le masque est déjà obligatoire dans les lieux clos, dans certaines villes et à partir du 1er septembre dans les entreprises.  

Avec les gestes barrières, c’est devenu le seul outil qui nous protège à condition évidemment de bien l’utiliser.  J’en profite pour vous glisser une blague qui a beaucoup circulé : si tu portes ton masque sous le nez, c’est comme si tu portais ton slip sous ton sexe: c’est ridicule et ça n’a aucune utilité.  

Le masque nous protège donc, il n’est pas ici question de remettre en cause les travaux scientifiques qui relèvent l’efficacité des masques dans la prévention.  Il reste, jusqu’à preuve du contraire, l’accessoire indispensable de cette rentrée. 

Et la mauvaise nouvelle, c’est que les masques sont une véritable bombe à retardement écologique. Je ne parle pas des masques en tissu, lavables, réutilisables et protecteurs s’ils répondent aux normes mais des masques chirurgicaux à usage unique que la plupart d’entre nous utilisent.  

Au-delà de nous avoir confisqué nos sourires, voire notre nez pour ceux qui le portent correctement on l’a vu, les masques en thermoplastique ne se recyclent pas. Ils sont faits en polypropylène, un dérivé de pétrole utilisé justement pour sa résistance au temps et aux températures.   

Il faudra en moyenne 450 années à un masque pour se dégrader dans la nature, c’est énorme. Surtout si on considère le nombre de masques que nous allons devoir utiliser à l’échelle mondiale pour lutter contre le virus.  

On voit déjà sur les réseaux sociaux des photos de masques abandonnés dans la rue, au bord des routes, sur les plages.  

Un plongeur de l’association Opération mer propre en a même retrouvé au fond de la méditerranée.  

La France n’est évidemment pas la seule concernée.  

L’association OcéanAsia déclare avoir retrouvé en masse des masques échoués sur les plages chinoises   

Alors si les animaux avalent ces substances toxiques, cela peut évidemment entrainer des problèmes de santé et par ricochet, chez l’humain si nous mangeons par exemple un poisson contaminé.  

Cela provoque l’indignation mais si elle n’est pas collective, et bien cette indignation ne sert pas à grand-chose.  

Qu’est-ce-qui est mis en place pour dissuader les personnes de jeter leurs masques dans la rue ?  

En France, jeter des détritus dans la rue est passible d’une amende de 68 euros. Une sanction peu dissuasive pour certains. 

Des députés ont déposé une proposition pour une amende de 300 euros.   

Une idée que le gouvernement reprend dans un projet de décret qui n’a pas été encore publié au Journal Officiel :  une amende de 135 euros qui pourrait même monter jusqu’à 750 euros si la police établit un procès-verbal et le transmet au tribunal.   

Une infraction qui ne peut être constatée qu’en flagrant délit, c’est pas simple !  

Alors, il y a quand une lueur d’espoir dans cette mauvaise nouvelle, la filière de recyclage s’organise. Ainsi une start-up de la Vienne a trouvé le moyen de recycler ces masques. Placés quarantaine puis broyés, ils sont enfin désinfectés dans une machine à UV.  

Les miettes de masques propres deviennent des visières, des boites de rangements, etc. C’est un polymère quasiment recyclable à l’infini d’après le patron de cette start-up.   

Une technique qu’il faudrait rapidement étendre à l’ensemble de notre territoire.  

Donc mettons nos masques mais ni n’importe comment, ni n’importe où…  

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