Mélanie Bauer a écouté le nouvel album de Bertrand Belin

Selon la philosophie du grand Yann Moix, je dois l’avouer,  y a très peu d’hommes de mon âge que je trouve véritablement sexy … Je ne vais pas vous en faire la liste, mais dans le monde merveilleux des chanteurs, il y en un, c’est Bertrand Belin. Alors, on s’attarde beaucoup sur la partie sex du mot sexy, mais la véritable question de fond qui se pose avec le mot sexy, se trouve dans son Y, qui comme chacun sait se prononce en anglais, Why. Why… Pourquoi Bertrand Belin est-il sexy ? Il y a chez lui ce côté raide, du Y, un peu penché dans son allure mais bien planté dans la terre et qui laisse pourtant deviner une certaine souplesse des hanches résultat d’années de travail de rocker.  Et puis, il est breton, ils sont irrésistibles les bretons, bourrus, festifs, ils ont le goût du sel imprimé dans leur gènes. Ils font l’économie des mots. Ca ne cause pas un breton, ça tranche. 

Petit à petit, l’oiseau fait son bec, tout est dit, petit à petit le chanteur cisèle sa parole, sa bouche chante, mais elle pique aussi, découpe, picore. Il se sait tout petit dans l’immensité du monde, l’oiseau,  il est la proie, mais il ne se tait pas pour autant. l’oiseau utilise sa voix pour prévenir du danger, mais il sait aussi, qu’elle est son arme de séduction. La voix de Bertrand Belin, est toute en pudeur, en économie, ronde au service des mots, telle un Bashung qui écrirait ses propres textes, Bertrand Belin roucoule une poésie du recul, regarde le monde du haut de sa branche, tantôt amusé, tantôt contri du tapage des mammifères. 

Il travaille Bertrand Belin, sur ce nouvel album, Persona, il joue, les guitares, la basse, le piano, les claviers, arrange les violons, écrit les textes et la musique, et puis comme si ça  ne ça suffisait pas, sort aussi un livre, son troisième roman "Grands carnivores", des fauves échappés d’un cirque envahissent la ville…. Des phrases courtes, là encore, sa marque de fabrique, le mot juste. C’est sexy, aussi, un homme qui écrit, ça a le charme d’un autre temps, la plume, d’ailleurs en musique, sur ce disque, il y a parfois un temporalité un peu désuète, des claviers un peu cheap du siècle dernier, qu’on trouverait ringard pour n’importe qui d’autre, sauf que quand c’est lui, et bien, c’est sexy.  

Oui, c’est sexy, même quand il raconte les clodos, la solitude, la routine, la violence de nos habitudes sociétales, le manque d’amour des grands fauves que nous sommes élevés à être. Alors, vous me direz peut-être que si je suis célibataire encore à mon âge, c’est peut-être parce que j’ai le goût de l’homme mal placé, que je devrais plutôt me tourner comme Alex Vizorec vers des valeurs plus commerciales, une sensualité plus fleur bleue, des chanteurs à minettes, mais bon, quand même, le grand breton un peu penché, c’est tout de même un voyage …. 

Bertrand Belin sera en concert sur France Inter le 20 février.

'Persona', nouvel album de Bertrand Belin, paraît le vendredi 25 janvier, Jeudi 24 janvier, est sorti en librairies le troisième roman de Bertrand Belin, chez P.O.L., "Grands carnivores",

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