Mélanie Bauer a écouté le dernier album d'Hugues Aufray, "Autoportrait".

Je reviens à peine d’un village du Lot qui s’appelle Monflanquin, là bas, je suis tombée sur un nid de fins connaisseurs de votre vie. Votre vie de cowboy français. Oh la la , on m'en a raconté des histoires sur vos traversées de la France à cheval, sur la route des mousquetaires, ces journées passées entre cavaliers à dompter les majestueux destriers retraçant l’histoire de France dans des paysages époustouflants, en mangeant du Chili Con Carne, ces virées de chevaliers qui se terminaient par des joutes musicales avec par exemple Maxime Le Forestier.. Le rêve américain avec du bon vin. 

Mais le soucis de l'american dream, c’est qu’il a vieilli,  avec la crise, la malbouffe et les violences policières, sans parler de Trump, on a du mal aujourd’hui, à croire qu’il ait pû être sincère, rien qu'un plan marketing des yéyés, une posture pour faire entrer le folk et la country dans les juke box des PMU. Pour certain, sûrement...Pour vous, surement pas. Parce que les chansons de votre autoportrait, au moins trentième disque de votre longue carrière, ne raconte pas l'Amérique des westerns et des gueules carrées mais celle du blues et du ku klux klan… 

Avec le pote de Jean Jacques Goldman, Michael Jones à la guitare et dans les studios d’Abbey Road, vous avez donc plongé dans les marais du racisme américain. Abbey Road, c’est le mythique studio des Beatles et c’est attendrissant quand on sait que le premier groupe de John Lennon, les Quarrymen en 1956, explorait un son très spécifique, mélange de folk et de blues, avec des guitares, des banjos et des instruments bricolés, le même son que vous exploriez vous même jeune chanteur quand vous découvrez Bob Dylan, votre fameux skiffle group. 

Hugues AUFRAY - A bientôt nous deux 1964 HD ( à 00’27 tu t’en vas à 1’03 la flûte, je reprends la parole et on garde  jusqu’à 1’22 ) 

https://www.youtube.com/watch?v=TR5Leh2ZFsw

Solo de flûte de Hugues Aufray, s’il vous plait en 1964…. On est bien, donc, avec ce disque dans l’autoportrait, l’art de la balade, à pied, à cheval et à vapeur. La vapeur, c’est l'anéantissement de l’homme par la machine, le mythe de John Henry, héros de la classe ouvrière, travailleur noir écrasé par le poids du marteau sur les rails du chemin de fer, personnage chanté en son temps par Woodie Guthrie, le précurseur de Bob Dylan. Un titre qui en dit long, ( si l’on tire les cheveux D’Hugues Aufray ), sur le chanteur qui se tient droit face à la marche du progrès… 

Et oui, il est fin, Hugues, il nous glisse de petits messages sur lui-même avec ses chansons, discrètement sans en dire trop et ce n’est pas pour rien, qu’il a choisi comme titre emblématique de ce disque, Dan Tucker, l’histoire d’un vieux routard qui se lève tôt et qui se couche tard, un gars qui devrait avoir posé depuis longtemps la guitare, mais qui continue à brailler ses refrains sans écouter les conseils des copains. Autodérision, autoportrait, Hugues Aufray, Dan Tucker. 

Dan Tucker ( en entier )

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