Mélanie Bauer a écouté le nouvel album de Cabadzi, un groupe nantais qui a offert à "Par Jupiter! "son fameux générique... Attention, textes engagés et mélodies acérées...

Ah bah voilà, ça devait arriver ! Fallait pas les enfermer dans les écrans les musiciens, un an sans musique vivante et le résultat est là, les pigeons de la nouvelle organisation de la distribution en clic de la musique, ne se contentent plus d’appuyer sur les boutons de leurs ordinateurs pour être récompensés en nombre de vues d’un public invisible, ils commencent à se questionner sur la nécessité du bouton. Bah, oui, on vous l’avait dit que c’était dangereux de leur enlever les planches à ces gens, ils se mettent à réfléchir, si on les enferme. Cabadzi sort donc, leur nouvel album Burrhus, inspiré des travaux de psychologie comportementale du professeur Burrhus frederic skinner. 

Finalement, selon Olivier Garnier et Victorien Bitaudeau, l’Homme ne court pas après l’amour, non,  il cherche la récompense, son reflet dans le regard de l’autre. Il appelle ça de l’amour mais on le constate tous les jours, nous, les parisiens, le pigeon génère beaucoup de fiante mais ne manifeste que très peu d’émotion  Le rat volant est tout en désir et en défense “ regarde, regarde, regarde moi,” roucoule-t-il, “nourris moi”, pialle-t-il, mais ne t’approche pas. Il est là le triste constat de Cabadzi sur ce cinquième album. 

Merci pour cette phrase, “ je ne comprends pas les gens qui dansent sur du Sardou sans être beurré”, un long débat à lancer hors antenne avec Thomas Croisère. “Rater sa vie c’est déjà ça”, nous dit Cabadzi dans ce titre “Cabane”, un texte sur les merveilles de la drogue, mais pas que … Rater sa vie, cela ne veut pas forcément dire, se suicider bêtement à petit feu, non, c’est tout un art,  rater sa vie avec panache, c’est chercher une porte sortie, envisager l’existance autrement, être convaincu que de la réussite ne découle pas la paix. Il s’agit de lutter contre les conditionnements, arrêter de confondre l’amour propre avec le narcissisme. Voilà, les 16 titres de ce disque s’accompagnent de vidéos réalisées par Marian Landriève et Cabadzi, ambiance Black Mirror, la série d’anticipation anglaise, côté musique, les prods font le grand écart entre le rap Sud Africain et l’abstract hip hop, avec quelques woup woup de trap et des mots, beaucoup de mots pesés, réfléchis et posé sur un flow tendu qui ne s’essouffle jamais jusqu’à la dernière note. 

L’enfer, ce n’est pas les autres, l’enfer c’est devenir un couple de Youtuber, comme c’est bien dit, Cabadzi. 

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  • CabadziGroupe musical de rap et slam
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