Mélanie Bauer a écouté le dernier album d'Alexis HK, "Comme un ours"

Le 12 juillet 2015, le chanteur Alexis HK se produit lors du festival de musique des Francofolies à La Rochelle.
Le 12 juillet 2015, le chanteur Alexis HK se produit lors du festival de musique des Francofolies à La Rochelle. © AFP / XAVIER LEOTY

C’est très compliqué de lire un livre, même une bédé en écoutant Alexis HK, il n’est pas un chanteur de musique de fond. Il est plutôt comme un livre disque, il en a d’ailleurs écrit un, si l’on écoute pas les paroles de ses chansons , on perd le fil de ses histoires et on passe à côté de toute l’essence de sa musique. Alexis HK est un chanteur de fond, une plume de plomb. Il tient la distance, 20 ans de carrière, sans un faux pas, fidèle à son souffle, il ne parle pas , il donne de la voix, incarne des tranches de vie, quelque part entre Madonna et George Brassens, pudique et sensuel, comme une vierge. 

Oui, ça fait longtemps qu’Alexis fume du George. Il en a tellement consommé, qu’il est accoutumé, il n’en a plus peur, il roule sans cesse,  du Brassens sur toutes les routes, jusqu’à l’escalade, il augmente peu à peu plus la dose, jusqu’à l'apothéose, l’année dernière, pendant des mois, sur les planches tout un spectacle “George & Moi”. 

La drogue est douce heureusement, et les temps sont durs, il n’y a plus d'échappatoire, Alexis est aujourd’hui,  un homme, un papa ours, en milieu de vie, qui revient sobre à ses chansons, avec des arrangements subtils, il cherche son chien. Son dernier disque, Comme un ours est plein de dangereuses idées, qui pourraient lui valoir un garde du corps comme à Frédéric Fromet : ses idées on les connaît bien,  la France est attaquée, obèse et angoissée, traditionnellement raciste et avinée… 

L’histoire finit mal, mais la chanson est belle, voilà le secret d’Alexis HK, trouver de la poésie en toute chose, un cerisier qui survit à la guerre, une fille trop belle, un chat qui colle ses fesses sur nos visages. 

On pourrait l'accuser à l’écoute de ce disque d’être un bobo bisounours, plutôt qu’un ours,  à deux doigts de devenir un vegan, un terroriste qui trainerait ses sacs en papier zero waste rangés dans des poches en toile sans gluten, souriant à la vie sur des pistes cyclables, un bisounours responsable de toute la misère du monde, avec ses sulfureuses idées, de liberté, d’égalité, et surtout de fraternité, un type dangereux qui gagnerait sa vie en écrivant des chansons honnêtes et tendres. On pourrait l’accuser oui, mais comme il est réconfortant, cet  ours en sucre, qui transforme les cauchemars des adultes en poésie …. 

Les pieds dans la boue Alexis HK en entier 

► A voir, en concert, avec sa guitare ou son ukulélé, le 22 novembre au Trianon à Paris.

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