Bon, Nicoletta, c’est plus de 50 ans de carrière, autant vous dire que ça ne se résume pas en 3 minutes, en revanche, en deux mots, rock star. Si elle avait été un homme, elle aurait été vénérée au même titre qu’un Johnny. Sa vie est un roman qui n’a rien de rose, tout du blues. Elle est rebelle.

Ray Charles disait d’elle, elle a le blues français, une définition, qui a été beaucoup résumée dans la presse par, elle a une voix de noire, un concept qui m’échappe parce que, pour moi, la voix, n’a pas de couleur. 

Non, mais c’est vrai, on ne dit pas à un noir, bravo, mon ami, vous avez une très belle voix de blanc. Ray Charles était aveugle for god sake ! Non, ce dont parlait Ray Charles, à mon humble avis, c’était plutôt de ce supplément d’âme, incompréhensible pour des athées comme moi, ce truc impalpable et inébranlable qu’on appelle la foi. 

Mais je m’égare, Nicolleta est une interprète, les interprètes ce sont des gens qui chantent les chansons des autres, leur talent, c’est de bien choisir leur collaborateurs et de la fermer quand les maisons de disques leur piquent leurs sous. 

Mais Nicole ne sait pas se taire, en 1973, elle monte sa maison d’édition, « Rapa Nui », le centre du monde en polynésien, une démarche visionnaire, qui vise à optimiser sa carrière d'interprète, mise à l’écart des droits d’auteur. 

Car, il faut expliquer que durant des décennies les grosses maisons de disques proposaient des contrats d’artistes et des contrats d’édition jumelés, l’édition, c’est 50% des droits d’auteurs de l’artiste qui tombent tout cru dans les caisses de la maison de disque. C’est énorme. 

Ce qu’elle a fait à l’époque est révolutionnaire, les jeunes artistes d’aujourd’hui fonctionnent encore avec le système mise en place par Nicoletta durant les années 1970, ils prennent le contrôle de leurs droits d’auteur.  Alors, évidemment, à l’époque, ça fait grincer des dents des machos du disque, alors qu’est-ce qu’elle fait, Nicoletta ? Bah, elle écrit un bouquin pour expliquer le business de la musique au public. La foi. 

Nicoletta  lutte pour une certaine idée de la musique, une pureté, un chanteur doit savoir chanter, ça parait évident, et pourtant, pas tant que ça, sur toutes les télés depuis les yéyés, les vedettes chantent en playback et on vend des 45 tours comme des savonnettes, ça ne choque personne, sauf elle, elle veut bien chanter, mais pas en playback. Résultat : plus de télé et beaucoup de scène. La foi. 

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