Mélanie Bauer a écouté le second album de Gaël Faye...

Comme c'est difficile d’expliquer la musique, il n’y a rien de plus intime que ces mélodies qui  s'invitent sans raison apparente dans nos têtes, rien n’est plus mystérieux, à part peut-être la poésie. Gael Faye, c’est d’abord un petit garçon qui face à la guerre prend son stylo et trouve son rythme. Une voix silencieuse qui gratte le papier, cherche le beau dans le chaos, s’accroche à des images. Parce que tout n’est pas noir ou blanc, parce qu’avec les mots, comme avec les notes, parce qu’avec la poésie, on peut sortir du décor, on peut changer les couleurs de nos cauchemars et se reveiller en paix. 

Il nous prend par la main, avec douceur, “Lundi Méchant”, ce nouvel album de Gael Faye, n’essaie pas de nous tordre le bras avec des sentiments basiques de colère ou de mélancolie, ces chansons nous guident vers un espoir, une humanité plus généreuse, plus courageuse, un combat pacifique pour changer les idées plutôt que les personnes, penser plutôt que taper, pour ne pas finir seuls et vaincus par un monde qui change. 

Un poème de Christiane Taubira, la force de cette femme, la pudeur de ces quelques notes de piano, qui se répètent comme la grande histoire, à tel point qu’on se demande si un jour on comprendra enfin la leçon. C’est pourtant simple, la poésie est partout, c’est un langage, avec ce disque on voyage,  New York, Zanzibar, mais on est pas perdu, parce que quelque soit l’endroit, il y aura toujours un lundi. 

Lundi méchant, le morceau titre de l’album, c’est le constat d’une vie sans poésie. C’est pourtant ce silence entre les temps, cette respiration entre les mots que nous coffre Gael Faye avec ce disque, l’espace pour trouver même dans le pire, le plaisir de vivre.