Brol, le premier album de la chanteuse Angèle est sorti le 5 octobre.

Dans un monde bien ordonné, il faudrait que je vous dise qu’ Angèle, c’est de la musique de jeune, qui reprend les codes du boum boum électro et du boum boum rap, y ajoute un petite plume bien élevée et un peu sensualité jazz dans la voix pour faire passer ses états d'âmes de petite fille sur des fm pour ados décérébrés. 

Bon, ça, ce serait, dans un monde bien ordonné, avec une Mélanie Bauer bien ordonnée, bombant le torse de son bon goût d’adulte, abusant telle le paon de son petit pouvoir de garce. 

Sauf que, sauf que … je suis comme vous, Angèle,  j’aime le brol, ce mot que vous avez choisi pour intituler votre album, le bordel, j’aime les gens iconoclaste et surtout j’aime les gens qui ont le courage d’être heureux… 

Oui, car la bêtise et la méchanceté, c’est facile, l’apitoiement sur soi, aussi, c’est d’ailleurs la norme dans la musique de jeune, le monde est pourri, les gens sont méchants et puis, je me suis fait larguer la semaine dernière, bref,  ça vend des camions de disques. En revanche, avoir le courage d’être sincère à 22 ans, d’être un témoin honnête de son époque, c’est une belle preuve d’intelligence. Et c’est le cas avec Brol, la pop est maitrisée, subtile, mais le propos aussi, sans gargarismes R’N’B, sans chorégraphies en slip, toujours dans la retenue, même quand il s’agit de raconter ses premiers pas de pop star. 

C’est impressionnant, parce que Angèle a toutes les qualités pour être bien rangée dans les rayons de supermarchés, un piano classique, une voix juste un peu cassée comme il faut, un physique de mannequin, une bonne connaissance des réseaux sociaux, une famille d’artiste, on pourrait facilement en faire un bon gros produit marketing posé quelque part entre les sodas pour les petits et la gamme minceur pour les mamans, on la rangeait bien au milieu avec un gros sticker collé sur son disque avec écrit “c’est pas cher” en fluo dessus. Mais ce serait sans compter sans son esprit et sa douce insolence ... 

Et oui, elle vous a vu venir avec vos gros sabots de vendeurs de rêve, Angèle, elle en a pris des tourbus, elle en a fréquenté des toilettes sèches avec un public imbibé sur les festivals, pour se faire connaître ,elle ne se fait pas d’illusion sur son métier d’artiste, Angèle, elle sait qu’il faut bosser. Ce qui n’enlève rien à son charme, et c’est ce qui change avec cette nouvelle génération d’artiste, surtout les femmes, elles sont féminines et déterminées, plus besoin de jouer les lolitas pour être aimée, pas besoin non plus de boxer au moindre mot de travers, non, juste avoir le courage et la persévérance d’être soi-même, et ça, ça fait de belles chansons, et de l’espoir pour l’avenir de la pop music… 

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