Zazie revient avec “Essenciel”, son dixième album.

Bon, on ne se connait pas, alors, pour vous resituer le décors, je suis une journaliste musicale qui a été enfermée pendant 25 ans dans une grotte sans la télé, a écouter des disques que personne ne voulait entendre avec seulement le droit de sortir pour aller voir des concerts dans des caves avec des pelés et des tordus. Alors, j’avoue, je ne connais aucune de vos chansons, mais je sais que vous êtes une grande vedette, parce que vous avez aidé beaucoup de mes compagnons d’infortune, chiens errants de de la chanson comme par exemple, le flamboyant Renaud Paravel,qui a fait votre première partie il y a quelques années, et  dont le plus gros tube dans ma grotte était le très gourmand, “J’aime Tonku”. 

Renaud Paravel J’aime Tonku 

Alors, oui, j’avoue, je suis bien incapable de citer une seule de vos chansons, en revanche, je sais donc par mon petit réseau que non seulement vous aidez les artistes moins chanceux que vous mais vous les faites connaître dès que vous en avez l’occasion. Et ça, c’est chouette. Sur votre nouvel et dixieme album essenciel, par exemple, vous collaborez avec une artiste brillantissime de l’ombre, Edith Fambuena, formidable musicienne et mélodiste qui illumina ma grotte durant les années 90 avec son groupe “Les Valentins”

Les Valentins : Entre elle et moi l 

Edith qui produira  par la suite des artistes à personnalité forte, en marge de la variété, comme Jacno, Alain Bashung, Étienne Daho, Françoise Hardy, Jacques Higelin ou encore Brigitte Fontaine. Des artistes libres capable de détourner les codes de la musique moderne, pop, rock, ou variété pour n’exprimer que leur parole à eux. Et ce n’est pas une mince affaire,car on ne sait jamais vraiment bien où les ranger ces gens qui écrivent tels des zezètes en dehors des cases. C’est cette liberté que l’on ressent à l’écoute de ce disque, une dentelle de pop , d’IDM ( l’intelligent dance music ), de chanson, de trip hop, en passant par cette fin de morceau très Lezepeliniesque Nos Ames Sont ….

Zazie : Nos ames sont ( à 4’25” à 4’ 50 )

Ah bah voilà, vous êtes a deux doigts d’entrer dans ma grotte, avec ces expérimentations hors cadre, nous voilà bien en dehors des clous avec cette fin de morceau qui file les poils, bien loin des codes habituels de la variété,  Essenciel, c’est d’ailleurs, exactement ça, une valse de repères qui se perdent et se retrouvent, en trois temps, harmonisation, répétition, déstructuration, un écho de l’air du temps qui cherche éperdument, la douceur dans le chaos. 

Zazie : Garde la pose ( en entier ) 

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