Ça c’est marseillais

Bon, il faut bien le dire, et j’ose le clamer devant vous, Monsieur Nota Bene, l’histoire, c’est un peu vieillot. Pendant longtemps, on s’est farci des documentaires avec des universitaires en sous pulls ou bien des films en costumes accompagnés de quintets, des clavecins et de violons, pour nous raconter les folles épopées de nos ancêtres. Certaines B.O ont d’ailleurs marqué les mémoires, je pense à Barry Lyndon, ou bien Excalibur, mais dans l’ensemble c’était toujours la même rengaine, là où tout a vraiment changé c’était en 2006, avec Marie Antoinette, de Sofia Coppola et sa B.O très moderne, la bande son du groupe Phoenix. 

Oui, car pour bien raconter le présent, du passé, il est judicieux de nous y connecter avec nos repères actuels, la musique dans Marie Antoinette, raconte la vie rock’n’roll à  la cours, et rien de mieux que la décadence de la New Wave pour représenter cette folie de Versailles. Bon, ça ne marche pas à tous les coups, Maintenant la pop est devenue la norme pour tous les soap opéra historique, qui raconte la politique à grand coup de scène de sexe et de romantisme débile, sur des nappes de musique au mètre.  C’est le danger de la modernité. En revanche, la musique n’a pas dit son dernier mot. Je pense notamment au groupe du chanteur et du guitariste de Massilia Sound System, Moussu T e lei Jovents. Vous vous souvenez de Massilia Sound System ? 

Ils sont donc toujours à Marseille, les Massilia, et sortent deux disques d'opérettes, un, en 2014 et un nouveau la semaine dernière, sous le nom de Moussu T e lei Jovents. Alors, je vous entends penser, c’est un peu vieillot, cette histoire. Sauf, que c’est très moderne, ça parle de la vie du port, d’une belle histoire de métissage, de migrants arrivé par bateau avec leur musique exotique entre les deux guerres, les italiens avec le bel canto, le jazz américain avec ses banjos, ses rythmes blues et puis toutes les couleurs rythmique des caraïbes, tous ces sons qui rencontrent la chanson française dans les cabarets de la cité Phocéenne. 

« Ça c’est marseillais » Ce titre est à l’origine composé par Vincent Scotto, grand copain de Pagnol, marseillais, mort en 1952, non sans avoir écrit plus de 4000 chansons, dont des classiques de Tino Rossi, Maurice Chevalier, des opérettes, des musiques de film. Je vous invite a acheter le disque en dur, plutôt qu’en digital, car on apprend beaucoup de choses dans le livret, sur cette grande époque musicale marseillaise, un pan d’histoire de France, un peu gouailleur, souvent swing et délicieusement engagé… Comme ici, avec le très moderne, les 40 heures. 

C’est sorti sur Manivelle records la semaine dernière… Déjà une Antiquité. 

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