Morgane Cadignan n'aime pas les comédiens Benjamin Lavernhe et Julia Piaton, invités dans la Bande Originale pour le film "Le Discours" de Laurent Tirard, en salles à partir du 9 juin.

Benjamin, Julia je ne vous aime pas. Bon, Benjamin vous étiez déjà venu pourtant, donc vous savez ce que j’en pense. Je vous avais pourtant prévenu que si vous remettiez les pieds ici sur mon territoire, ça allait se finir en fourchette de doigts dans les yeux avec petit tour à gauche pour les faire sortir de l’orbite, mais bon, je vais rester élégante en présence de Julia. Enfin, j’avais peut-être pas vraiment dit ça, j’avais dû dire un truc du style : “Olala je ne vous aime pas parce que vous êtes à la Comédie Française et pas moi.“ Mais si on lit bien entre les lignes, il y a énormément de violence...

Aujourd’hui, vous venez nous parler du film "Le Discours" de Laurent Tirard adapté du roman de Fabcaro. Fabcaro donc la seule réponse acceptable quand on te demande si tu as lu les BD est : “Bah oui“.

"Le Discours", c’est donc l’histoire d’Adrien, coincé à un dîner de famille à entendre notamment encore et toujours les mêmes blagues de son père. Bah un peu comme vous êtes coincés là d'ailleurs. Sauf que je ne suis pas votre père et qu’il n'y aura même pas de gigot ni de tarte à manger donc c’est pire. Ecouter mes blagues le ventre vide, c’était une technique de torture à Abou Ghraib. Les mecs disaient : “Tuez-nous mais pas une blague où elle dit encore qu’elle vit avec Daniel Morin s’il vous plaît, on en peut plus. On est des humains, merde.” 

En parlant de torture, on va reparler du film 5 minutes. Qui est très bien d’ailleurs. Je trouvais juste que la transition était punchy. Et donc au cours de ce dîner, votre beau frère vous explique que ça serait bien de faire un discours à son mariage. Et là je comprends son angoisse. Aller à un mariage déjà, c'est souvent loin. Si c’est pas celui de quelqu’un d'extrêmement proche, c’est pénible. Parce qu'évidemment, en général,  les gens ne peuvent pas faire autrement que de se prouver leur amour le week-end du 15 août dans un village dont ils t’ont promis que c’était à 50 km de Lyon... à vol d’oiseau. Il s’avère que l’oiseau c’était un ptérodactyle parce que le truc est à 3h de route, tout ça pour arriver dans un bled qui est apparemment le siège social du Pollen. 

Alors oui, c’est vrai, il y a une rivière avec un pont, une jolie forêt, une voie ferrée d’un autre temps et des anciennes fermes pittoresques un peu partout. Mais je ne suis pas maquisard, moi, donc je m’en fout de tout ca. A partir du moment où je ne suis pas en train de fuir un régime dictatorial ou de tourner un porno dans les années 80, je m’en tape des granges abandonnées. On faisait ça à la mairie du 20ème, après tout le monde aux Buttes-Chaumont, on a vu des gens qui s’aiment, on a vu de l’herbe, on a mangé froid. Tout le monde est content. 

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