Morgane Cadignan n'aime pas Edouard Baer venu présenter son livre tiré de la pièce de théâtre "Elucubrations d'un homme soudain frappé par la grâce", paru aux éditions du Seuil. S'il l'empêche de finir sa chronique, elle rebaptisera son livre "Elucubrations d'un homme soudain frappé par une chroniqueuse".

Edouard Baer je ne vous aime pas. Ou je vous aime trop je n’en sais rien. Et puis je me suis dit que j’allais écrire une chronique très courte car il y a quand même toutes les chances que vous foutiez la merde en plein milieu. Il y aurait d’abord un mot qui vous ferait penser à quelque chose. Puis vous partiriez dans une litanie qui m'empêcherait d’en placer une. En gros, vous seriez Nagui. J’ai déjà tenté je ne conseille pas. J’ai rêvé que j’étais Nagui un jour,  je ne le souhaite à personne. Trop d’enfants, trop de tournages, trop de chaussures, trop de soja, trop de pression. Je me suis réveillée en sueur à 3h du matin,  j’ai dû bouffer 4 côtes d’agneaux et voler un peu d’argent au Téléthon pour me calmer, sinon impossible de me rendormir. 

Bref, dans mon esprit, je me disais que vous m'empêcheriez d’aller au bout de ce papier, ce qui permettrait quand même de rebaptiser votre bouquin : ”Elucubrations d’un homme soudain frappé par une chroniqueuse.“ 

Et en même temps… Est-ce que j’en ai pas un peu envie quand même ? Non mais les amis, c’est Edouard Baer là quand même. On dirait que ça ne choque personne, forcément vous dans votre petit monde du showbiz vous vous croisez tout le temps dans vos bars privés de stars, et vas-y que ça se donne des news en remontant son caleçon, et allez que Leïla déboule là-dedans dans un costume de catwoman en servant du crystal-meth à Laurence Bloch dans une écuelle. Mais moi je ne fais pas partie de ce monde là… pas encore… Je suis impressionnée. Moi ne je fais que les imaginer ces soirées-là, Daniel il me laisse dans la voiture avec la fenêtre un peu ouverte, il me dit “attends-moi“, il revient 2h plus tard tout rouge avec un organe en moins et un contrat d’embauche pour l’année d’après. 

Moi je suis impressionnée parce qu’il m’a réveillée tous les matins Edouard Baer à une époque. Tu te souviens ? Eté 96 ? Le club Med de Sarajevo/Brastislava ? Non je déconne. Je parle de la matinale de Nova, calmez vous, j’ai une vie cool mais ce n'est pas non plus incroyable. Dans “Plus Près de toi", vous ouvriez l’émission avec des petites sessions de poésie matinale. Tout le contraire de nos cris d’animaux ici. C’était beau, c’était doux, c’était un peu n'importe quoi. Vous faisiez des associations de mots au hasard mais comme à cette heure-là tout le monde a la tête dans le cul on était tous là : “Han c’est beau on dirait le groupe Fauve sans la voix qui mue“ et les instrus qui donnent envie de tuer un chiot. 

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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