Aujourd'hui, on parle d'un robot...

Visiteurs devant un robot policier au GISEC (Gulf Information Security Expo and Conference) à Dubai en mai 2017
Visiteurs devant un robot policier au GISEC (Gulf Information Security Expo and Conference) à Dubai en mai 2017 © Reuters / Ashraf Mohammad Mohammad Alamra

Et alors je suis un peu déçu. J'aurais bien voulu coller à la thématique et vous parler d'un juge qui aurait eu plus de vis, d'écrous et de boulons que le lavomatique de ma rue mais les robots-juges n'existent pas encore. Alors, je vais vous présenter Reem-C, un robot qui vient d’intégrer la police de Dubaï et qui patrouille dans toute la ville.

Ça c’est un extrait de Robocop, le film de Paul Verhoeven. Dans la vraie vie, le Robocop de Dubaï n’a pas le droit de porter une arme…

Et encore heureux ! Car pour le reste, Reem-C a de quoi faire peur. Prenons le temps de le décrire : c’est un humanoïde de plus d’1m70 pour 100kg. Beau bébé. Il porte l’uniforme de la police de Dubaï, képi compris et il a une énorme tablette tactile au niveau du plexus.

Il parle plusieurs langues – dont le français – et les habitants de Dubaï peuvent interagir avec lui en tapotant sur son torse – pardon sur sa tablette intégrée – ce qui leur permet de signaler un délit, de porter plainte ou de payer une amende.

Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui, ce sont ses yeux… Deux petites boules noires qui sont en fait des caméras permettant d’enregistrer tout ce que voit Reem-C. Les vidéos sont ensuite stockées sur les serveurs de la police de Dubaï.

Sachant que ce robot est censé se balader dans les rues et qu’il a une capacité d’autonomie de 8 heures environ, imaginez le nombre de visages et d’images qu’il est en train de stocker au moment où l’on se parle.

C’est Big Brother qui prend les traits de Nono le petit Robot…

Exactement ! Et ce n’est pas fini. Reem-C est équipé d’un système de reconnaissance faciale, il est capable de reconnaître n’importe quelle personne qu’il croise et qui est dans sa base de données. Les autorités dubaïotes s’en servent notamment pour retrouver des fugitifs.

D’ailleurs, Reem-C est tout à fait en capacité de prendre en filature une personne recherchée et de signaler son positionnement à ses collègues humains qui se chargeront, eux, de l’interpellation.

Dubaï a déjà annoncé que les robots représenteront 25% des effectifs de la police en 2030

On sait même que la principale mission de cette brigade robotique va être de verbaliser les délits du quotidien. Notre robot-policier est en effet doté d’une intelligence artificielle qui lui permet de détecter, dans les images qu’il capte, ce qui pourrait être assimilé à un délit. Dès lors qu’il le repère, il se précipite sur l’auteur de ce dit-délit et lui propose de payer une amende via la tablette tactile qu’il a entre les bras.

Et cela pose un véritable problème éthique : où est la marge d’appréciation du policier quand celui-ci est un robot ? Comment une machine peut-elle juger l’action d’un homme ? Et surtout, si l’on accepte l’idée qu’un robot puisse punir un homme sur des délits mineurs, pourquoi ne pas l’appliquer à d’autres types de situations ? A des crimes par exemple ?

Si Reem-C voit un meurtre, pourquoi ne serait-il pas en mesure de le condamner ? Pour une machine, quelle différence entre un crime et un délit ? Ce n’est qu’une ligne de code qui ressemble à une autre ligne de code. Alors, après tout, pourquoi ne pas se laisser tenter ? Cela permettrait d’accélérer le processus judiciaire à vitesse grand V. Reem-C interpelle et dans la foulée, Reem-C condamne. Reem-C est juge et flic à la fois.

Reem-C, omniscient, Reem-C omnipotent. Bref, Reem-C, juste flippant.

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