Aujourd’hui, on embarque à bord d’une navette spatiale…

Le véhicule d'essai orbital X-37B dans la cellule d'encapsulation à l'installation Astrotech, avril 2010, Titusville, Floride
Le véhicule d'essai orbital X-37B dans la cellule d'encapsulation à l'installation Astrotech, avril 2010, Titusville, Floride © Getty / U.S. DoD

Ou presque, puisque la navette spatiale dont on parle aujourd’hui a pour particularité de ne pas pouvoir accueillir de passager ni même de pilote. Techniquement, ce n’est donc pas une « navette » spatiale mais un drone spatial puisqu’il est piloté à distance et qu’il est capable de quitter l’orbite terrestre.

L’engin a un petit nom tout droit sorti de Star Wars : le X-37B. B comme Boeing, puisque c’est Boeing qui le fabrique. Il mesure 9 mètres de longueur pour quelques centaines de kilos et a tous les attributs physiques d’une navette spatiale. Le X-37B ne ressemble en rien au petit drone que votre beau-frère est fier de faire voler au moment des repas de famille.

Et pour cause, ce drone n’est pas piloté par votre beau-frère mais par l’Armée de l’Air américaine…

Et ça change tout ! D’abord en terme de performance : lors de son dernier vol, le X-37B est resté en orbite plus de 700 jours sans s’arrêter quand le drone de votre beau-frère tient à peine 5 minutes au-dessus de votre tête. Mais aussi d'un point géostratégique : le pauvre petit drone, à part vous pourrir votre dej de famille, il ne va rien vous faire de mal.

Alors que le drone spatial de l’Armée de l’Air américaine, lui, alimente tous les fantasmes. Officiellement, le X-37B avait été conçu en 1999 pour tester de nouvelles technologies liées au vol spatial, notamment des protections et des résistances imaginées pour le tourisme spatial. Mais depuis quelques années, les missions du X-37B sont classées confidentielles. Ce qui a pour résultat direct de rendre très méfiantes la Chine et la Russie.

Les deux puissances mondiales sont en effet persuadées que le X-37B est en fait un tueur de satellite qui finira par tuer LEURS satellites.

Et ce qui est étonnant dans cette affaire, c’est que l’Armée de l’Air américaine dément à peine…

Quelle est la stratégie ? Faire peur ?

Sans doute. Nous connaissons la fameuse phrase « Qui veut la paix prépare la guerre ». Et bien là on est plutôt dans du « Qui veut la paix fait mine de préparer la guerre » puisque dans les faits, rien ne prouve que le X-37B possède un arsenal capable de détruire un satellite. Au contraire, les spécialistes sont unanimes : cette théorie n’est pas plausible.

Alors pourquoi les Etats-Unis se complaisent dans cette idée d’éventuelle guerre des étoiles à l’heure où l’on envisage le tourisme spatial ?

Pour le comprendre, il faut se souvenir de cette pensée de Lyndon Johnson qui a été président des Etats-Unis :

L’Empire Romain a régné sur les mondes car il régnait sur les routes, la Grande-Bretagne était la plus grande puissance mondiale car elle a su maîtriser la mer, l’Amérique a ensuite pris le relais au XXème siècle car elle était toute puissante dans le ciel. En d’autres termes, si tu veux être le maître du monde il faut être capable d’avoir la main sur les flux.

Et si le seul moyen pour les Etats-Unis de préserver son hégémonie était de maintenir une chape de plomb au-dessus de ceux qui ont déjà la tête dans les étoiles ?

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