Deux séries diffusées demain. Une mini saga dramatique anglaise, sur Arte, « Sous Influence ». Et une série de super héros Marvel, sur Netflix, « Jessica Jones » saison 2. On se demande bien ce qu’elles peuvent avoir en commun.

Les deux traitent du même thème : des femmes indépendantes tombées sous la coupe d'un homme manipulateur. Dans ces deux séries, il est question de viol et de la manière dont ces deux femmes vont devoir ensuite affronter le regard des autres.

Dans la série britannique « Sous Influence », on retrouve la formidable actrice Emily Watson qu'on a découverte dans « Breaking the Waves » de Lars Von Trier. Elle joue ici une femme mariée victime d'une agression : le coupable est un collègue de travail. Seulement voilà, elle a aussi un amant. Et la peur d'être jugée et de voir sa vie intime étalée au grand jour sont plus fortes : elle refuse de porter plainte.

« Ils passeront tout au peigne fin. Votre activité sur internet, votre famille, vos connaissances, vos collègues. Le moindre élément relatif à votre sexualité qui suggérerait un penchant pour une certaine brutalité. Des photos, des vidéos érotiques. »

Or son amant cache lui aussi de nombreux secrets. La situation dégénère. Cette mini-série est proprement glaçante.

Comment la question est-elle traitée chez les super-héros ?

Dans la saison 1 de « Jessica Jones », un super méchant a le super pouvoir de manipuler les gens et il force ainsi la super-héroïne, Jessica Jones, à être sa compagne malgré elle… On découvrait Jessica donc après les faits, en véritable état de stress post-traumatique. Elle avait abandonné son rôle d'héroïne costumée pour devenir une détective privée, alcoolique et cynique.

Les nouveaux épisodes continuent à s'attaquer à ce qu'on appelle la « culture du viol » ?

En fait, ils s’attaquent à un état d'esprit qui contaminerait tous les comportements abusifs. Ecoutez comment Jessica refuse l'offre d'un concurrent qui veut racheter son agence de détective privé. 

« - No 

- You might wanna hear the offer before you piss on it

- You don't want me. You just want to eliminate the competition

- I never take no for an answer

- How rappy of you ! »

Quand le concurrent explique cyniquement qu'il n'accepte pas qu'on lui dise non, Jessica lui rétorque que c'est une réponse digne d'un violeur.

C'est une série télé créée par une femme et tous les épisodes sont réalisés par des femmes. C'est une première aux États-Unis.

Et elles se permettent d'ailleurs d'égratigner l'industrie hollywoodienne : dans cette saison 2, on va découvrir le passé d'une ancienne starlette et la façon dont un réalisateur de cinéma a abusé d'elle quand elle avait 16 ans. Une situation que la propre mère de cette victime juge comme étant le prix à payer pour accéder à la célébrité.

Avec deux styles très différents mais autant de talents, « Sous Influence » et « Jessica Jones » interrogent toutes deux la manière dont le tribunal populaire perçoit la notion de consentement. Une question terriblement d'actualité des deux côtés de la caméra.

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