"Baron Noir", "Marseille", "Les Hommes de l'Ombre"… Pas mal d’actu à venir sur le front des séries politiques françaises. Romain Nigita fait le point.

Kad Merad dans la série télévisée "Baron Noir" diffusée sur Canal + (image promotionnelle)
Kad Merad dans la série télévisée "Baron Noir" diffusée sur Canal + (image promotionnelle) © Jean-Claude / KWAI / Canal +

La saison 2 de Baron Noir sur Canal+ débutera le 22 janvier. Tout aussi bien renseignée que l'épatante première saison, on retrouve Kad Merad qui sort de prison, dans un contexte électoral très proche de la dernière présidentielle.

Je redoute, en revanche, le retour de Marseille, la navrante série de Netflix au mois de février. Depardieu et Magimel toujours aux prises avec les magouilles politiques marseillaises. Un journaliste du cru,  Philippe Pujol, signe le scénario. Gagnera-t-il en épaisseur et en crédibilité ? Nous verrons. En attendant, l’auteur de la première saison, Dan Franck, règle ses comptes après s’être fait étriller par la critique. Il publiera en mars un roman intitulé « Scenario », sur les avanies d’un écrivain embauché par une grande maison de production internationale pour écrire une série sur... Marseille. Tiens, tiens !

Un mot, enfin, d’Arte dont la première série politique est actuellement en tournage. Elle sera réalisée par Jean-Xavier de Lestrade, portera sur les pratiques de lobbying à l’Assemblée Nationale et s'intitulera Jeux d'influence.

La série politique française se réveille, donc ?  

Timidement. Pour ce qui est des séries en plusieurs épisodes, on revient de peu et de loin. Passons sur la lamentable comédie L’État de Grâce avec Anne Consigny dans le rôle de la première Présidente de la République française en 2006, sur France 2. En 2012, la chaîne réitère avec Les Hommes de l'Ombre. Extraordinaire saison 1 qui met en lumière le rôle des conseillers en communication. Malheureusement, la série ne se remettra jamais du départ de Nathalie Baye et de son co-créateur Dan Franck. Et encore moins des exigences de la chaîne, persuadée que le téléspectateur meurt d’ennui dès qu’on lui cause politique. France 2 réclame des rebondissements toutes les deux minutes, elle veut du thriller. Résultat : les saisons 2 et 3 n’ont absolument aucun intérêt.

En revanche, ça a beaucoup bougé du côté des téléfilms unitaires.

Une fiction pour raconter un évènement de l’histoire politique récente. C’est ce que Canal+ a appelé Les fictions du réel. Racontant les hommes de main du RPR, l’assassinat du Préfet Erignac, l’affaire Elf, Papon réprimant les Algériens à Paris en 1961, etc… L'exploit ? Tous ces dossiers sont encore chauds, certaines versions sont contestées, certains points encore tabous, certaines personnalités encore à l’œuvre. Le service public n’est pas en reste : des téléfilms d’excellente tenue retraçant l’affaire du sang contaminé, le suicide de Bérégovoy, ou la mort du ministre Boulin, le 21 avril 2002.    

On voit bien donc là où ça s’ouvre et là où ça patine…. La politique à travers l’Histoire, ça passe de mieux en mieux. Regardez Le Village français, quelle formidable série politique, quelle liberté, quel regard sans concession sur qui fait le socle de la politique contemporaine. Quand on pense que, dans les années 1960, Alain Decaux et Stello Lorenzi se sont attirés les foudres du pouvoir gaullien avec leurs téléfilms de La Caméra explore le temps, jugeant l’épisode sur Robespierre trop politique….  

C’est du côté de la fiction, que ça demeure très pauvre, donc… Faire vivre les arcanes de la conquête électorale ou de l’exercice de l’État au gré d’une série télé – ça manque. Voire se servir de l’Élysée, de Matignon, de Solférino comme prétexte, ou comme décors d’une comédie dramatique, d’une histoire sentimentale ou d’un polar… La politique demeure un repoussoir. 

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