Le groupe Canal + lance sa nouvelle chaîne, "Polar +". Et parmi ses nombreuses rediffusions de séries policières, on retrouve "NYPD Blues", qui avait disparu des écrans français.

Le groupe Canal+ a lancé une nouvelle chaîne il y a deux semaines. Elle s'appelle Polar +. Et elle a été créée dans un seul but ... : remplacer purement et simplement la chaîne "13ème Rue", qui est désormais l'exclusivité des abonnées de SFR. Canal a donc dégainé sa propre chaîne spécialisée dans les histoires de gendarmes et de voleurs. Qu'est-ce qu'on y trouve ? Des séries inédites, comme l'excellente Tennison qui raconte les débuts dans la police britannique de l'enquêtrice de Suspect Numéro 1. Celle qu'on avait d'abord connue incarnée par Helen Mirren dans sa version plus expérimentée. Il y aussi une inévitable série scandinave. Celle de Polar + s'appelle Bordertown.

Mais c'est du côté des rediffusions que vous avez repéré une pépite... Je ne vais pas m'attarder sur Dexter et Person of Interest qui sont deux séries très récentes. ... Non ! Polar+ permet ENFIN de revoir l'extraordinaire New York Police Blues. Pourquoi « enfin » ? Parce que depuis sa première diffusion en France sur la chaîne du câble Canal Jimmy à partir de 1994, on ne l'avait plus guère revue. Il y avait bien eu une diffusion sur France 3, mais réservée aux insomniaques. Et sur douze saisons, seulement quatre sont sorties en DVD en France. D'où le caractère exceptionnelle de cette nouvelle rediffusion.

Qu'est-ce qui en fait une série si différente ? Ça reste pourtant les habituelles enquêtes des flics de New York, non ? Je pourrais vous parler de la mise en scène, avec ses mouvements de caméra ultra mobiles qui reproduisent le regard des détectives sur les scènes de crime. Je pourrais aussi vous parler des dialogues qui ont repoussé au maximum les limites de la censure sur les chaînes hertziennes américaines. Mais si la série de Steven Bochco et David Milch a marqué un tel tournant dans l'histoire de la télévision américaine, c'est que bien avant Les Soprano et Breaking Bad, son personnage central est un véritable anti-héros. Un flic nommé Andy Sipowicz. Alcoolique, raciste, homophobe, violent, il fréquente les prostituées et maltraite les suspects.

Comment un personnage aussi détestable est-il devenu un héros en 1993 ? Par accident ! Au départ, le héros de la série c'est son partenaire, John Kelly, un jeune flic torturé, incarné par David Caruso. Oui le même Caruso qui deviendra totalement inexpressif dix ans plus tard dans Les Experts Miami. Mais dans New York Police Blues, il était tellement magistral qu'il a quitté la série avec pertes et fracas au bout d'un an, pour tenter sa chance au cinéma. Monumentale erreur ! Durant les onze saisons suivantes, Sipowicz reste le taulier. Il connaîtra successivement trois autres partenaires, mais c'est bien lui désormais le véritable cœur de cette série qui retrace sa difficile rédemption. Cette rédemption sera un véritable chemin de croix. Le premier épisode de la série le laisse littéralement sur le carreau, après s'être fait tirer dessus. Au fil des années, certains de ses collègues et de ses proches vont mourir de manière atroce. Rien ne lui sera épargné. Car New York Police Blues, c'est bien plus que des enquêtes de flics : c'est surtout l'impact de leur travail sur leur vie privée et sur leur mental.

Et derrière tout grand personnage il y a un grand acteur : Dennis Franz, qui a trouvé là le rôle de sa vie après de nombreux seconds rôles chez Brian de Palma. Pour New York Police Blues, il a cumulé les récompenses : quatre Emmy Awards du meilleur acteur dans une série dramatique pour un total de huit nominations. Il est d'ailleurs en quasi retraite depuis la fin de la série. Le sentiment du devoir accompli.

New York Police Blues, sur Polar+ du lundi au vendredi, à partir de 17h05

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