"The Deuce", nouvelle série évènement de HBO, nous plonge dans le milieu de l'industrie pornographique, dans le New-York des années 70. Avec James Franco et Maggie Gyllenhaal.

The Deuce, ça a commencé hier soir sur OCS, et c'est rattrapable en replay sur OCS Go. C'est la nouvelle production de David Simon, le créateur de The Wire. Mais je dois convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé car je n'aime pas les séries de David Simon ! Voilà, c'est dit. Je sais que je vais m'attirer les foudres de certains série-philes mais tant pis, j'assume. Sa série policière The Wire sur le trafic de drogue à Baltimore est régulièrement affublée du titre de « meilleure série de tous les temps »... Au delà de cet épithète assez grotesque, elle ne provoque chez moi qu'un ennui poli. Je l'ai toujours trouvé trop bavarde et trop lente à démarrer. Elle est certes remarquablement documentée grâce au passé de journaliste de David Simon, mais pour moi, elle n'atteint pas les sommets de Breaking Bad, Oz ou Les Soprano dans la catégorie des séries dramatiques. Même chose pour Treme, sa série sur la reconstruction de la Nouvelle-Orléans après le passage de l'ouragan Katrina.

Et pourtant, dans un retournement de situation digne d'un épisode de 24 Heures Chrono, je l'avoue : j'ai adoré sa nouvelle série! J'ai littéralement dévoré les huit épisodes de cette première saison de The Deuce. Co-créée avec son complice George Pelecanos, elle nous transporte à New York en 1971. On colle aux basques de la faune nocturne de Times Square : flics et voyous mais aussi - et surtout - les barman, les mac et les prostituées. Tous vont se retrouver au centre d'une révolution culturelle inédite : l'explosion de l'industrie du cinéma pornographique, avec en parallèle l'aseptisation du quartier. Le New York des années 70 est reconstituée avec un soin maniaque. L'ambiance est funky et le rythme est ébouriffant.

La tête d'affiche de la série, c'est James Franco ... Il joue des frères jumeaux qui ont réellement connu cette période, l'un en tant que barman, l'autre comme gentil voyou. Mais au-delà du tour de force, Franco reste au final assez périphérique dans cette histoire. Celles qui constituent le véritable point d'ancrage de la série, ce sont les prostituées. Une véritable galeries de femmes aux destins fracassés sur les récifs de la vie. Incarnée par l'incroyable Maggie Gyllenhaal, l'une d'elles symbolise à elle seule la transition du monde de la rue vers celui des studios. Car cette prostituée ose vouloir se passer des macs. L'argent, l'argent, l'argent ! Tout s'achète et tout se vend. Bienvenue aux États-Unis ! Après la drogue et les logements insalubres, c'est donc au sexe que s'intéresse David Simon. Le sexe dans tous ses états : tarifié ou consenti, mécanique ou romantique, glauque ou glamour. On va donc voir le sexe quitter la rue pour investir les salons de massage et les cabines des sex shops. Le sexe est donc toujours là, mais caché avec la complicité des autorités.

Et pour ceux qui resteraient réfractaires à David Simon ? Dans un style radicalement différent, je leur recommande la saison 10 de Doctor Who qui démarre samedi sur France 4 à 18h30. Cette saison est un point d'entrée particulièrement facile pour ceux qui ne connaissent pas encore cette série de science-fiction britannique.

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