"Transferts", la nouvelle série d'Arte, prouve une nouvelle fois que la création française se porte bien.

Image promotionnelle de la série "Transferts"
Image promotionnelle de la série "Transferts" © Laurent Thurin-Nal

« Le transfert c'est quoi ? C'est ton esprit qui a été greffé dans le corps de quelqu'un d'autre. »

Dans un futur très proche, ce processus est possible mais hors la loi. Car il y a des effets secondaires : des crises de rage qui mènent certains transférés au meurtre. C'est ce que découvre malgré lui le héros de la série, un père de famille, ébéniste, tombé dans le coma avant la mise au point de cette technologie. Cinq ans plus tard, il se réveille dans le corps d'un flic de la brigade de traque des transférés illégaux !

Vous nous conseillez de regarder ?

C'est assez solide même si le postulat n'est pas très original. On pense notamment à la sympathique série américaine Un Agent Très Secret. Toutefois, Transferts remet ce concept au goût du jour : les transférés illégaux sont traqués et parqués dans des camps tels des migrants. Les autorités religieuses s'activent contre ce qu'elle considère comme un affront à l'âme. Et le marché des transferts donne lieu à un trafics de corps, à mi-chemin entre le trafic d'organes et l'esclavage. Au final, un effort encourageant pour la SF française.

Car il n'y a pas que les américains et les britanniques pour faire de la science-fiction. Après tout, la France est la patrie de Jules Verne, de Barjavel et de Moebius ! Seulement le genre avait presque disparu de la production cathodique hexagonale à partir des années 80. Il revient en force depuis deux ans, seulement. De leur côté, les Danois ont prouvé avec Real Humans, et les Anglais avec Black Mirror qu’on la SF ne se limitait pas à des ersatz de La Guerre des Étoiles et qu’elle n'exigeait pas nécessairement des budgets pharaoniques.

C’était l’argument des producteurs français. Ont-ils transformé l'essai ?

Difficilement. Sur Arte déjà, Trepalium présentait un monde futuriste divisé entre la plèbe des chômeurs et l'élite dotée d'un emploi. Trous béants dans l'intrigue et direction artistique loupée, la série tombait la tête la première dans tous les pièges. Malgré toute la sympathie que l'on peut avoir pour Olivier Marchal, sa Section Zéro sur Canal+ avait elle aussi explosé en plein vol. Un genre de Braquo totalitaire et futuriste. Caricatural et ridicule. Nouveau candidat il y a quelques mois : la série spatiale Missions sur OCS avec son vaisseau d'exploration posé sur la planète Mars. Un visuel époustouflant étant donné les faibles moyens engagés, mais une intrigue trop mince pour ses dix épisodes.  

Vous êtes difficile ou est-ce qu'il n'y avait vraiment rien à sauver avant Transferts ?

Si, mais sur Internet. La série de SF la plus innovante et la plus enthousiasmante a eu pour titre Le Visiteur du Futur. Mélange d'humour et d'imagination sans limite, la web série de François Descraques est vite devenue la coqueluche de la toile et ce garçon, le porte étendard d'une nouvelle génération de créatifs. 

Transferts sera diffusé à partir de jeudi sur la chaîne, mais les épisodes sont déjà disponibles sur le site Arte.tv ! 

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.