De retour du MIP, grand rendez-vous international du marché audiovisuel, Romain Nigita revient sur le succès des séries historiques. Et même les chaines documentaires s'y mettent !

A l'époque de Game of Thrones, on ne peut plus vendre une série historique sur la simple promesse d'enseigner l'Histoire. Alors accrochez-vous, j’ai vu au MIP Britannia : nous sommes en 43 après Jésus-Christ. L'Europe est occupée par les Romains. A l’exception d’une île peuplée d'irréductibles bretons ! C'est donc une sorte d'Astérix en Grande-Bretagne avec des druides qui luttent contre des légionnaires. Le tout filmé de manière hystérique et ultra violente, proche de la série télé Spartacus. Goscinny et Uderzo n'y reconnaîtraient pas leurs amphores. Et ce sera à découvrir prochainement sur la plate-forme vidéo d'Amazon. 

Autre exemple avec Trotsky ! J'ai pu découvrir, médusé, une production russe sur la vie de Leon Trotsky, produite pour célébrer le centenaire de la révolution bolchevique. Avant la projection le réalisateur et le producteur nous ont annoncé que Trotsky était - je cite - « le Harvey Weinstein de son époque, une rock star dont les méthodes anticipaient celles des SS ! » . Le résultat est tout aussi confondant d'absurdité : une super-production tournée comme un film de super-héros, avec effets spéciaux et ralentis en pagaille. Le tout au service d'un discours plus que douteux. Les courageux pourront voir ça sur Netflix.

Derrière ces productions zinzins, il y a un virage. Celui que prennent les chaînes documentaires qui, elles aussi, veulent leurs séries de fiction. 

History Channel,qui ne fait que du documentaire d’histoire, a lancé la série Vikings. Discovery a diffusé Harley and the Davidsons sur les origines de la célèbre marque de moto. Et c'est désormais National Geographic qui entre dans la danse. Avec notamment Genius : dans la saison 1, Geoffrey Rush incarnait Albert Einstein. La saison 2 mettra en scène Antonio Banderas dans le rôle de Picasso.

Pourquoi les chaînes documentaires passent-elles à la série quand il y a déjà une offre pléthorique ?

Les nombre de séries américaines a en effet doublé ces dix dernières années. J'ai donc posé la question directement à la principale intéressée : Courteney Monroe, la PDG de National Geographic Channel.

"Nous avons besoin d'être une marque et d'avoir un contenu que le public perçoit comme exceptionnel et pour lequel il est prêt à s'abonner. Je penser qu'il est impossible de surnager dans ce pic de production sans prendre la qualité et la différence comme référence. Nous avons découvert qu'il y avait une vraie demande du public et des annonceurs pour les programmes de fiction."

"Nous cherchons des histoires qui sont différentes et de qualité, mais qui ont aussi une puissance mondiale car National Geographic est diffusée dans 171 pays et 450 millions de foyers. Nous devons trouver des histoires qui ne sont pas uniquement américaines, mais qui résonnent dans le monde entier."

National Geographic va ainsi diffuser The Long Road Home, sur des soldats américains en Irak, ainsi que The State, la mini-série de Peter Kominsky sur Daesh. Son prochain projet est une nouvelle version de L'Etoffe des Héros, l'histoire des pionniers de la conquête spatiale.

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