La Bourgogne intemporelle, celle qui n’a pas changé depuis des lustres… Celle que Gérard Oury a filmé en 1966 pour La Grande Vadrouille. Et dans cette œuvre, il a su comme disait Baudelaire dégager l’éternel du transitoire. Parce que ce qu’il a filmé en 1966 existe toujours aujourd’hui.

En 2006, le village bourguignon de Meursault en Cote d'Or a reconstitué le tournage du film la grande vadrouille.
En 2006, le village bourguignon de Meursault en Cote d'Or a reconstitué le tournage du film la grande vadrouille. © Maxppp / SOUVERBIE/PHOTOPQR/LE BIEN PUBLIC

On peut regarder le film, qui a un demi siècle, et retrouver sans aucun problème les lieux où le réalisateur a posé ses caméras. 

Pendant très longtemps le film a détenu le record du nombre de spectateurs en salle

17 millions. Il a fallu attendre la grosse industrie du Titanic pour battre ce record, 32 ans plus tard en 1998. 

C'est une comédie sur l’occupation, avec le tandem Bourvil et De Funès. On est dans la France de 1942. Un bombardier britannique est abattu au dessus de Paris, et deux Français que tout oppose vont devoir amener les soldats anglais en zone libre, en Bourgogne. 

De Funès le chef d’orchestre, et Bourvil le peintre, perdus dans les petites routes de Bourgogne. C’est très vraisemblable qu’Oury ait choisit cette région parce qu’elle est reconnaissable entre toutes. Région rurale, village de France typique, avec son église et ses petites maisons ramassées autour… C’est vraiment le paysage français par excellence, et d’ailleurs, en 1981, sur l’affiche de campagne de François Mitterrand, la force tranquille, on retrouve un village avec un clocher, le village de Sermage, en Bourgogne…

Dans quelles villes le film a-t-il été tourné ?

L’échange des chaussures, c’est à Pouques Lormes, dans la Nièvre. A Vezelay pour toutes les scènes que se passent la nuit… Quand les deux héros franchouillards font du vélo par exemple…

Il y a aussi les fameux hospices de Beaune. Avec ces toits multicolores, construits, après la guerre de 100 ans pour venir en aide au plus pauvres… D’ailleurs dans la salle des pauvres, cette salle avec des lits, entourés de rideaux rouges, Oury a tourné une autre scène culte. Les anglais se cachent dans les hospices, et une sœur infirmière passe en revue ses malades

Les sœurs qui cachent les Anglais, ce n’est pas que pour le film, puisque les sœurs des hospices ont vraiment été résistantes pendant la guerre !

En effet, la Bourgogne c’est aussi le pays dans la bonne chère, et du bon vin… 

L’équipée sauvage Bourvil De Funès passe aussi par la ville de Meursault, une appellation de Bourgogne plus que réputée. Ils font une halte à l’hôtel du Globe qui n’existe pas vraiment, mais qui est l’auberge typique où l’on mange bien, avec des saucissons qui pendent dans la cuisine. Là on est dans l’un des plus beaux villages de France, qui s’appelle Noyers sur Serein, et tout y est : cité médiévale, maison à pans de bois, arcade en pierre blanche, rivière… Aujourd’hui on emploie à tout bout de champs le mot terroir. Mais c’est sûrement ça qu’a fait Gérard Oury, en 1966 avec La Grande Vadrouille : filmer le terroir. 

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