Ce matin, direction le Colorado...

Ça va faire 4 ans que le Colorado a légalisé le cannabis. C’était en janvier 2014. A priori sans augmentation de la consommation et avec des profits plutôt conséquents 50 millions de dollars rien pour le Colorado… qui sont réinvestis dans les écoles, dans les aides aux SDF que des mesures sociales. Et je voudrai vous parler ce matin d’un homme qui a roulé sa bosse dans le Colorado, et qui a aussi pas mal consommé de marijuana et beaucoup d’autre chose, c’est Jack Kerouac, l’auteur du best-seller Sur La Route.

Longue route, parce que Kerouac parcourt plus de 6000 kilomètres au Etats Unis… 8000 en tout, puisqu’il a été jusqu’au Mexique. C’est ce road movie qu’il raconte dans son livre. Le narrateur s’appelle Sal Paradise, il est avec son ami qui s’appelle Dean Moriarty dans le livre, Neal Cassidy en vrai dans la vie. Un gars pas très recommandable, qui pique des voitures, vend de la marijuana, qui fait pas mal de séjour en prison… Qui a été élevé par son père, alcoolique à Denver, capitale du Colorado. Donc Denver est sur la route. C’est une ville très jeune Denver. Elle est fondée en 1858 au moment de la ruée vers l’or. Des bâtiments de briques rouges, pas très haut. Une ville qui a assez peu changé. S’y promener aujourd’hui, c’est découvrir sensiblement la même ville que Kerouac quand il y va en 47… Kerouac arpente les bars, et surtout les clubs de Jazz… Musique noire qui plait au petit blanc éduquée qu’est Kerouac. Il y a tellement de club de jazz à Denver qu’on l’appelle la Harlem de l’ouest.

C’est ce rythme qu’on retrouve dans l’écriture de Kerouac… l’auteur de la beat generation.

Il y a débat... Il devient le chef de file de ce mouvement, surtout parce que ça arrange bien les agents littéraires ! C’est vrai qu’il aurait écrit ce livre en 21 jours seulement, en tapant sur sa machine a écrire, comme on taperait sur une batterie, comme les musiciens, qui improvisent… 

Mais on est loin de l’impro On a retrouvé le manuscrit de sur la route… Il a écrit son roman sur un rouleau, pas sur des feuilles A4, mais sur un rouleau de papier, qui faisaient une quarantaine de mètres de long… Mais le roman que Kerouac a publié est beaucoup plus soft que son manuscrit… Moins de sexe, notamment homo, moins de violence, d’alcool.

Lui ne se revendique pas du tout de la beat generation… Il veut être un clochard céleste, un peu comme Rimbaud… Sauf que quand il n’est pas sur la route, il vit chez maman… C’est pas franchement un hippie, il était plutôt pour la guerre du Vietnam.

Et surtout, pour lui, le mot beat generation, renvoie à un mot français le mot béat comme béatitude.… Le père de Kerouac était breton, sa mère du Québec, Jack ce n’est pas son prénom. Kerouac en vrai s’appelle Jean Louis et jusqu’à l’âge de 6 ans, il ne parlait pas un seul mot d’anglais.

Beat, un mot français peut être, mais sur la route, c’est un roman qui décrit l’Amérique.

Pour revenir au Colorado,  c’est vrai que c’est un paysage qu’on imagine bien parcourir en voiture… Des routes en lignes droites, avec des plaines à perte de vue, et les rocheuses… Ces montagnes orangées, parfois aux sommets enneigées… Mais c’est aussi le roman d’un auteur halluciné, qui brûle la vie par deux bouts, l’un c’est l’alcool, l’autre c’est la drogue… 

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