Voici l'histoire d'un mythe américain ce matin, qui ne s'appelle pas Donald ... Dans cette histoire pas d'investiture non plus.

portrait du showman américain, Buffalo Bill, portant un chapeau de cow-boy et un gilet brodé à franges.
portrait du showman américain, Buffalo Bill, portant un chapeau de cow-boy et un gilet brodé à franges. © Getty / Hulton Archive

Mais ils ont en commun un certain goût de l'entreprise, et aussi du spectacle. L'homme de ce matin s'appelle William Frederick Cody, je ne sais pas si ça vous dit quelque chose, c'est son surnom qui parle à tout le monde : Buffalo Bill.

C'est Michel Faucheux, qui publie cette biographie, il est universitaire, et 2017 c'est l'année des 100 ans de la disparition de Buffalo Bill. La thèse de Michel Faucheux, c'est de dire que ce Buffalo Bill, est devenu une légende parce que les États-Unis en avaient besoin.

Buffalo Bill c'est la conquête de l'ouest, la victoire du Blanc et de ses machines, les fusils et les trains, sur le sauvage, l'indien et les grandes plaines. Pour devenir une légende, il faut des gens pour la raconter alors le mythe Buffalo Bill naît en même temps que la presse écrite. Sa vie et ses exploits sont racontées grâce à cette presse en pleine expansion.

En plus, Buffalo a déjà un sens évident de l'image, alors que les photos sont rares avec son chapeau de Cow-boy évidemment, sa moustache et son petit bouc, ses vestes avec des franges. Ce sont ses photos, qui sont reprises dans la presse, mais qui ornent aussi la couverture des romans, parce qu'il y a aussi des romans, plus ou moins biographiques, « The king of the border men » par exemple, écrit à la va vite, mais qui a encore popularisé le mythe.

Et puis le nom Buffalo Bill, Buffalo, buffle en anglais, c'est comme s'il avait pris un animal totem comme s'il était un train d'union entre l’Amérique sauvage et l’Amérique blanche.

On est dans un monde où on se raconte des histoires. Buffalo Bill, c'est un éclaireur dans ces immenses plaines de l'ouest, où le soir, quand il fait trop noir pour avancer, on s'arrête pour bivouaquer, et au coin du feu qui crépite, qu'est-ce qu'on fait ? on se raconte des histoires, il n'y a que ça à faire, donc on fait durer le plaisir, et au besoin même on enjolive. Tout le monde le fait, comme une certaine Calamity Jane était aussi une conteuse hors pair …

Il y a du vrai dans ces histoires, beaucoup même avec par exemple, l’une des premières histoires de la longue vie de Buffalo Bill : il est jeune, il a 13 ans, il part avec un ami du même âge chasser, loin dans la montagne. Bill tue son premier ours, mais il se casse une jambe, son ami le met à l'abri dans une grotte avec des vivres et de l'eau, en lui disant je vais chercher du secours puisqu’ils sont à plusieurs jours de marche du village. Voilà donc Buffalo livré à lui-même dans une grotte, il se repose, souffre aussi, et un jour arrive dans la grotte des indiens, parmi lesquels un certain Rain in the face qui n’est pas le chef indien le plus sympa de la terre, un peu plus jeune Buffalo Bill a eu des amis Sioux, avec lesquels ils jouaient. Il connait un peu la langue, ils commencent donc à se parler, il faut savoir que Rain in the face n'a pas la réputation de laisser des survivants après son passage, pourtant, il épargne Buffalo Bill et s'en va avec sa troupe, en emportant les vivres.

Il a été souvent employé par l'armée comme éclaireur, et là encore, il assoit sa légende. Après la défaite de Little Big Horn, où le général Custer et ses hommes perdent la vie, les militaires veulent se venger. Ils savent que les indiens sont réunis vers la rivière Cheyenne. Buffalo Bill fut envoyé en éclaireur et s’est retrouvé nez à nez avec un grand chef, Yellow Hair, qu’il abat avec son fusil et au lieu de s'en arrêter là il scalpe le chef indien, en disant, du moins c'est ce qu'il raconte, « ce scalp est pour le général Custer ! » Voilà donc un blanc qui scalpe un indien, le symbole est très fort, l'info est reprise partout : Buffalo Bill a vengé la mort du général Custer.

Buffalo Bill a fait de sa vie un spectacle, un vrai spectacle, de plein air, qui s'appelle the Wild West. Il l'a joué dans tous les Etats-Unis, mais aussi en Europe. Devenu un show man, dans ce spectacle il raconte cette guerre contre les indiens, où il y a même Sitting Bull qui joue, le vrai, qui joue son rôle de chef indien battu. Il a fait du massacre des indiens une mise en scène dans laquelle même les indiens jouent. Tout cela pour une image des États-Unis où c'est le spectacle qui compte, qu'importe si ce le spectacle ce n'est pas tout à fait la vérité.

Cette biographie écrite par Michel Faucheux s’appelle tout simplement Buffalo Bill et est sortie aux Éditions Gallimard – Collection Folio biographies

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