Et plus exactement dans le Massachussets, à New Bedford.

Moby Dick, le grand cachalot blanc
Moby Dick, le grand cachalot blanc © Getty / Nastasic

Aujourd’hui, New Bedford, ça ne nous parle pas forcément, mais la ville a été au XIXe la capitale mondiale de la chasse à la baleine. Un commerce très lucratif à l’époque. On y voit encore aujourd’hui des maisons cossues, imposantes. C’est là, en partie qu’Hermann Melville a puisé son inspiration pour écrire l’un des chefs d’œuvre de la littérature américaine : Moby Dick. 

Melville qui avant d’être écrivain est un matelot, chasseur de Baleine.

On pourrait presque parler du jeune homme et la mer. Il vient d’une famille pauvre, doit quitter l’école à 13 ans faute d’argent, et il n’a pas 20 ans quand il s’engage comme mousse, sur un navire en partance pour Liverpool. Ça donnera d’ailleurs un roman, moins connu que Moby Dick. Rebdurn, premier voyage d’un mousse. 

Mais le vrai début de Moby Dick commence un an plus tard, quand il embarque à New Bedford en 1840, sur un trois mat, pour une chasse à la baleine qui doit durer 4 ans. Il va vite déserter pour vivre sur une île du pacifique au milieu des sauvages. Une vie plutôt tranquille si ce n’est la crainte d’être dévoré : ces sauvages sont cannibales.

Puis il rembarque sur un baleinier… Et quand on lit Moby Dick, on est frappé par les détails très précis qu’il donne sur les harpons, la vie à bord, les vivres, les techniques de chasse. C’est sûrement là que commence à germer l’idée de son roman. 

Il s’inspire de son expérience mais aussi d’un fait divers. 

Une histoire de marin qui l’a marqué quand il était enfant. L’histoire de l’Essex, et de son équipage. Un baleinier attaqué par un cachalot blanc géant. On ne sait pas pourquoi il attaque le navire, mais il fonce dessus. Deux fois. La deuxième fois, il y a un trou dans la coque, le bateau coule. Et là, commencent 90 jours d’horreur pour les marins sur les canots de sauvetage. Ils dérivent sans eau, ni nourriture. Ils se mangent entre eux. Ils étaient 20 au départ. Ils sont 5 à l’arrivée. Dont le capitaine. Et avant d’écrire Moby Dick, Melville est allé rencontrer ce capitaine. Sur une île, pas très loin de New Bedford.

Et on retrouve cette ville New Bedford dans le roman.

Notamment l’église. La traditionnelle église en bois : Seamen‘s Bethel Chruch. Aux murs à l’intérieur, on peut lire les épitaphes de marins disparus en mer. Il y a eu beaucoup d’adaptations du livre au cinéma. Mais celle qui compte, c’est celle de John Huston, avec le sermon du père Mapple, qui met en garde les marins, mais aussi l’Amérique tout entière.

Parce que Moby Dick, c’est une histoire de pêcheurs, dans tous les sens du terme. Une allégorie de cette jeune Amérique, qui commence là à New Bedford où débarquent les colons au 17ème. Promesse d’une vie meilleure, qu’on obtient à coups de harpons, au détriment de la nature. Moby Dick, c’est un message : il faut rappeler que le rêve américain ne peut pas tout le temps défier la nature. Parce qu’à la fin, il se peut que ce soit la baleine qui gagne.

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