Confiné avec mes deux concertistes, je leur propose chaque soir la Séance de Thomas Croisière et hier, c’était...

Film inspiré de l’histoire vraie du violoniste israélien Igal Shamir et son récit autobiographique : La cinquième corde. Etonnant, non ?

S’il fallait résumer ce film où Pierre Richard se retrouve espion malgré lui en un mot, ce serait :

Alfred : « Le grand blond, c’est un piège-à-cons »

Non pas pour les 3 millions et demie de spectateurs qui se déplacèrent en salle en 1972 – Oui en moins 48 avant le Covid 19, les gens pouvaient sortir de chez eux pour s’enfermer avec des personnes qu’ils ne connaissaient pas dans le noir. Ils s’asseyaient tous ensemble pour regarder des images projetées par une lanterne magique sur un écran gigantesque. Parfois, ils se frôlaient au détour d’un accoudoir et ça, ça les énervait un peu car chacun estimait que c’était SON accoudoir.

J’ai connu cette époque là et aujourd’hui, j’aimerais tellement pouvoir me battre pour un accoudoir ou entendre un abruti bouffer bruyamment des bonbecs.

Ici, le con, c’est Bernard Blier et le piégeur c’est Jean Rochefort unanimement salué par mes damoiseaux... de Rochefort.

Gaston : « Y a Jean Rochefort que j’aime bien parce que dans certains films il a été drôle par exemple dans Les tribulations d’un chinois en Chine »

Si après 3 exercices de grammaire et 2 de maths, j’envisage très sérieusement de refaire la terrasse de ma maison avec mes enfants dessous, quand le cadet évoque Les tribulations d’un chinois en Chine, j’ai juste envie de lui faire le plus gros câlin du monde. Mais quittons la Chine du grand bond en avant, pour la France du Grand blond en s’marrant.

Alfred : « Aussi quand son copain, il croit qu’il a des hallucinations alors qu’il y a vraiment des cadavres. Enfin, tous les moments m’ont fait rire »

Son copain c’est Jean Carmet qui, la cinquantaine entamée, pourra enfin asseoir une carrière que couronnèrent 3 Césars.

Et quand je leur demande leur scène préférée, ce n’est pas de Mireille Darc et son chavirant dos nu qu’ils me parlent, mais de cornemuse.

Gaston : « Surtout la scène où il y avait la cornemuse, c’était débile. Parce qu’en fait, il soufflait dans la cornemuse, mais il n’appuyait pas donc l’air ne s’en allait pas. Alors après, quand il a appuyé dessus, ça a joué tout seul et il s’est pris une des flutes de la cornemuse dans le nez»

Comique de situation, de gestes, de caractères et de mots, le scénario co-signé par Francis Veber, le Mozart de la comédie – La chèvre, c’est lui, Le dîner de cons, c’est lui, All inclusive, c’est pas lui - est une imparable symphonie comique dont Yves Robert est le chef d’orchestre, derrière comme devant la caméra.

Et sa musicalité doit beaucoup à son compositeur, Vladimir Cosma, que nous vîmes tous deux en concert Charline, à l’époque où je pensais encore que vous seriez un jour ma petite châtain avec une culotte blanche.

Rappelez vous de cet air de flute de pan que nous avons tous fredonné un jour...

Cet air sur lequel le magicien Gérard Majax fait apparaître le générique d’un tour de carte. Alors vive la magie du cinéma et... 

Vive le cinéma ! 

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