Confiné volontaire avec mes 2 cache-poussière, je leur propose chaque soir la Séance de Thomas Croisière et hier c’était...

Le bon, la brute et le truand de Sergio Leone

La brute, c’est Lee Van Cleef, le truand, Eli Wallach et le bon, Clint Eastwood nonagénaire depuis dimanche. Et même si Leone détestait cette appellation : Il buono, il brutto, il carrivo est la quintessence du western spaghetti.  

Alfred : C’est un film en même temps sérieux avec les duels, etc. et en même temps drôle avec le truand et le bon qui se disputent tout le temps ou le truand qui n’arrête pas de faire n’importe quoi etc.  

Ce savant dosage entre sérieux et décalage, dont le roi Leone impose les standards dans la trilogie du dollar. Ce film en est le prequel et là ce n’est pas une poignée ou quelques dollars de plus que l’on recherche, mais 200 000 !  

Gaston : C’est pas vraiment une histoire où ils avancent et tout ça, c’est plutôt, on raconte la vie, c’est pas une histoire  

Leone déclarait : « Nous avons tous quelque chose de bon, de mauvais et de laid en nous ». Avec Blondin, Sentenza et Tuco, clowns inspirés de la commedia dell’arte, il nous parle de nous. Nous, dans cette quête d’un trésor en pleine guerre de Sécession.  

Gaston : J’ai pas aimé quand ils étaient dans des camps de concentration. Enfin des sortes de camps de concentration  

Et tu as raison d’évoquer les camps car c’est ce que Leone invoquait pour dénoncer l’inhumanité et l’inutilité des guerres. Son point d’orgue sera la bataille du pont de Langstone et son capitaine alcoolique où Blondin déclare : « J’avais encore jamais vu crever autant de monde ». Réplique culte parmi les dizaines de ce film où il faut pourtant attendre 10 minutes 11 secondes avant d’entendre un mot. Mot qui ne me parlent qu’en VF avec les voix du bon Jacques Deschamps, du brutal Georges Atlas et du truand Claude Bertrand.  

Alfred : Et aussi, j’aime bien une réplique. Y a un ennemi du truand, le truand il est en train de se laver, il arrive là dans la salle de bain et il fait : « j’ai attendu ce moment très longtemps, etc. », il arrête pas de blablater et là le truand il avait son pistolet dans son bain. Bang ! « Quand on tire, on raconte pas sa vie »  

C’est également ce que disent les maîtresses d’Alex Vizorek quand il dégaine son petit pistolet chargé. Et comme chacun sait...  

Alfred : Le monde se divise en deux catégories. Ceux qui ont le pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses.  

L’Homme sans nom le dit près de la tombe sans nom de l’amphithéâtrique cimetière de Sad Hill devant 1000 morts réveillés par les trompettes d’Ennio Morricone.
Je l’avoue, je n’ai fait des enfants que pour vibrer avec eux devant la démesure baroque de ces scènes.  

Gaston : Comme papa, ma scène préférée, le truc où il tourne autour du cimetière et le duel  

Ce duel à trois, ce triel orgasmique dont les 3 minutes 10 et 65 plans inspirèrent les créateurs du monde entier. Du Marcel Gotlib des Rubriques à brac aux Gorillaz de Clint Eastwood en passant par Thomas Croisière de Par Jupiter. Mais celui qui ne s’en remit jamais s’appelle Quentin Tarantino qui déclara « Le bon, la brute et le truand est la plus grande réalisation de toute l’histoire du cinéma ». Il dit aussi : Vive le cinéma !

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