Pourquoi vous me faîtes ça Vincent Elbaz ? Pourquoi pour jouer un loser, vous vous inspirez de moi ? Nous avons ici tous vu que pour votre rôle dans « Andy », vous avez fait exprès comme moi de prendre autant de kilos que vous avez perdu de cheveux. D’ailleurs comment s’appelle votre personnage ? Thomas ! Quel hasard ?

3 - Les Compères

« Les compères » dans lequel jouait Michel Aumont, paix à son âme. D’OSS 117 à Grégoire Moulin en passant par « Les Apprentis », ou les bras cassés de « La bande à Fifi », le loser a donné quelques uns des plus beaux rôles de comédie française. Et le plus célèbre d’entre eux s’appelle François Pignon. Personnage signature de Francis Veber qui prit les traits des Jacques - Brel et Villeret - Daniel Auteuil, Gad Elmaleh et de l’indépassable Pierre Richard, nommé aussi parfois, François Perrin. Un personnage comme le décrit son créateur qui, « qu’il fut suicidaire dans « L’emmerdeur », malchanceux dans « La chèvre » ou con dans « Le Dîner de cons » est toujours le même petit homme dans la foule, plongé dans une situation qui le dépasse et dont il parvient à se sortir en toute inconscience ». Votre Thomas s’inscrit dans cette filiation et si nous aimons tant ces losers, c’est parce que tel Jean-Claude Dusse, nous nous sommes tous dit un jour : « sur un malentendu, ça peut marcher ».

2 - The Big Lebowski

« The Dude », l’homme le plus cool du monde tant qu’on ne pisse pas sur son tapis, dans « The Big Lebowski ». Les frères Coen créent ici la plus belle galerie de losers de l’histoire. De Jeff Bridges qui n’a d’autre intérêt que le bowling, la Marie-jeanne et les white russians ; à John Goodman en vétéran du Vietnam qui ferait passer Rambo pour un mec modéré, en passant par Steve Buscemi ou l’impeccable John Turturro en « The Jesus » tout en combinaison violette, catogan et Gipsy Kings ; ce film est un bonheur de portnawak et whatthefuck, ou en langage France Inter : un film jubilatoire et déjanté. Les Cahiers du Cinéma écrivirent à l’époque que : « Cette insistance permanente sur la nullité métaphorique et littérale des personnages finit par limiter un peu le propos de l’oeuvre », et bien on s’en lustre les boules de bowling et on kiffe ! 

De Charlot à Woody Allen en passant par les inadaptés de Tim Burton ou les abrutis des Farrely, les losers sont aussi des piliers de la comédie américaine. Votre réalisateur, Julien Weill, s’est nourri de ces films comme le prouve la scène du Hilton où votre gaucherie rappelle celle de Dustin Hoffman au Taft Hotel face à Mrs. Robinson dans « Le Lauréat ». Les derniers grands losers du cinéma américain sont joués par Brad Pitt et Leonardo di Caprio et c’est parce qu’il est lui aussi cinéphage que pour raconter son « Il était une fois à Hollywood » Quentin Tarantino a privilégié à deux winners pathétiques, deux losers magnifiques.

1 - Le Magnifique

« Le Magnifique » justement de Philippe de Broca qui faisait déjà du Tarantino alors que ce dernier n’avait que 10 ans. On y retrouve ses obsessions pop, pulp et parodiques servies par un Jean-Paul Belmondo qui übercabotine en mode SAS dans le rôle du super agent Bob Sinclar - nom qui inspira le célèbre DJ – ainsi qu’en auteur loser amoureux de Jacqueline Bisset – et on le comprend - François Merlin. 

Et savez vous pourquoi il se prénomme François ? Parce qu’on retrouve Francis Veber à l’écriture du scénario original. Belmondo qui vous inspire lorsque vous surjouez le malade sous votre couverture dans « Andy » ou lorsque vous incarnez le superflic d’« En Liberté » de Pierre Salvadori. Et savez-vous qui a dit « Belmondo, ce n’est pas seulement le nom d’une star de cinéma, ce n’est pas seulement le nom d’un homme, cela représente la supercoolitude » ? Quentin Tarantino ! Et savez-vous ce que Belmondo a dit de Tarantino ? Rien ! Et ça, c’est vraiment la lose ! Alors vive de Broca, Coen et Veber et par dessus tout : 

Vive le cinéma !

  • Légende du visuel principal: Vincent Elbaz dans Andy © Metropolitan FilmExport
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