"Spielberg a de nouveaux cousins français", telle est l’accroche qui accompagne la promotion de "La dernière vie de Simon", le premier film de Léo Karmann. Et si artistiquement ce n’est pas faux, il serait plus juste, compte tenu de ses 74 ans et des 31 printemps de Karmann, de dire que Steven a un petit fils français

Petit fils culturel mais hélas pas biologique puisque vous êtes le fils de l’acteur - réalisateur Sam "Prenez un chewing-gum Emile" Karmann, qui a certes une très jolie carrière, mais bon, c’est pas Spielberg. Vous n’aurez donc pas accès à son héritage, lui qui a généré plus de 10 milliards de dollars au box office. Record inégalé et pour longtemps inégalable.

Ne serait-ce que pour ses variations spielberguiennes – je ne déflorerai pas ici tous vos clins d’oeil à E.T pour que nos auditeurs aient le plaisir de les découvrir – votre film vaut son pesant de pop-corn. Voire plus encore car votre héros pouvant prendre l’apparence de chaque personne qu’il a déjà touché, La dernière vie de Simon s’inscrit dans la mythologie des films de métamorphose

La cultissime scène du piano géant que jouent Robert Loggia et Tom Hanks dans Big de Penny Marshall, première réalisatrice à franchir la barre des 100 millions de dollars. Comment ne pas penser à Big et Zoltar sa borne de bonne aventure en regardant la scène d’ouverture de fête foraine de Simon’s got a gift – oui, je trouve que votre titre anglais claque mieux et il faut penser big ! Et là le "gift", c’est de se retrouver ado dans un corps d’adulte, un corps qui n’est pas encore fait pour soi, comme les corps que copie Simon ne sont pas faits pour lui.

Big qui a aussi bien vieilli que moi, mérite la revoyure ne serait-ce que pour ce moment où Tom Hanks est OK pour passer la nuit avec sa copine mais à condition d’être au dessus... il se jette alors sur le lit superposé du haut. A 13 ans, j’étais complètement passé à côté de la vanne.

"Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités", c’est la morale de Spiderman et le fardeau de Peter Parker qui porte comme votre héros le poids d’une culpabilité fondatrice et d’un super pouvoir.

Spiderman qui a une place particulière au panthéon des super héros car il n’est pas super riche comme Bruce Wayne ou super man comme Clark Kent, mais super nerd comme vous et moi, Léo. Et c’est parce qu’il est le premier héros à être proche de ses lecteurs et même de ses lectrices que Stan Lee et Steve Dikto, ont, en le créant, métamorphosé l’univers des comics.

Le film Spiderman mit 17 ans à se monter - alors me faîtes pas pleurer avec les 8 huit ans de développement de votre film - et Spiderman 2 de Sam Raimi est le meilleur film de super-héros jamais produit. Et si vous n’êtes pas d’accord avec moi, je vous tisse dessus !

L’amour peut faire qu’un homme devienne bête. L’amour peut faire aussi qu’un homme laid devienne beau

Et c’est pour ça que j’attends l’amour depuis que j’ai entendu Jean Marais dans La Belle et la Bête de Jean Cocteau. Votre Belle s’appelle Camille Claris, votre Bête, Benjamin Voisin tous deux promis à une carrière au moins aussi brillante que la mienne.

La Belle et la Bête, film de 1946, nous rappelle que l’on a su produire en France de grands films de genre comme des films qui mélangent les genres. De La beauté du diable à La jetée en passant par Les yeux sans visage, tant de films qui inspirent encore nos petits cousins américains et que l’on ne produit plus par manque d’imagination, vision et ambition. 

Jean Cocteau aurait écrit : "Le cinéma, c'est magique. C'est une bicyclette qui passe devant la Lune" alors ce n’est sans doute pas par hasard que Steven Spielberg en a fait la scène emblématique de E.T et le logo de sa société de production, Amblin, qui accueillit les plus grands faiseurs de nos cauchemars et rêves d’adolescents : Robert Zemeckis, Barry Sonnenfeld, Joe Dante et, je vous le souhaite un jour : Léo Karmann.

Vive la fantaisie, vive le genre et vive le cinéma !

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