Confiné avec mes deux mythomanes, je leur propose chaque soir la Séance de Thomas Croisière et hier, c’était...

Valentina Cortese et Robin williams dans "Les Aventures du Baron de Munchausen" de Terry Gillian (1988)
Valentina Cortese et Robin williams dans "Les Aventures du Baron de Munchausen" de Terry Gillian (1988) © AFP / COLUMBIA PICTURES / Collection ChristopheL via AFP

Entre la hernie discale de Jean Rochefort qui reporta son Don Quichotte et le décès d’Heath Ledger pendant L’imaginarium du docteur Parnassus, Terry Gilliam est reconnu réalisateur le plus malchanceux de l’histoire du cinéma.

Et c’est pourquoi on ne retient des Aventures du Baron de Munchausen, film adapté de l’histoire de cet officier allemand du XVIIIème siècle qui est à nos cousins germains ce que Cyrano est à nous, uniquement ses dépassements budgétaires infernaux et son échec colossal, alors que ce film est une pure merveille baroque.

Gaston : Ce dont je me souviens c’est qu’ils ont été avalés par un poisson géant et qu’ils ont rencontré des dieux une fois dans un volcan parce qu’ils étaient atterris. Ils étaient atterris dans un volcan.

Alfred : Parce qu’ils étaient allés sur la Lune

Gaston : Oui, parce qu’ils étaient allés sur la Lune et que la femme du roi de la Lune leur avait donné un bout de sa tresse et donc ils sont descendus de la Lune et ils sont tombés.

Des sélénites, des reines, Robin Williams en roi qui perd la tête, des colosses, des dieux, la jeune et callipyge Uma Thurman en Vénus, on trouve de tout dans cet enchantement de 2 heures. On y croise même Jonathan Pryce, le Grand Moineau de Game of Thrones, en salopard ultime ainsi que quelques vielles connaissances...

Alfred : Alors Berthod, j’ai vu que c’était le même acteur que La Vie de Brian, celui qui chante à la toute fin sur les croix

Eric Idle, membre comme Terry Gilliam de la so british et so mythique troupe des Monty Pythons, qui à la fin de La vie de Brian chante qu’il faut toujours regarder la vie du bon côté. Même lorsque comme lui, on est crucifié, ou comme nous, confinés.

Ce film nous l’avons chroniqué dans le premier épisode de Par Jupidémie et, pour optimiser mes performances en nombre de clics, elle est visible à l’adresse suivante. Munissez vous d’un crayon... je vous attends... Voilà vous êtes là ? Alors : H, T, T, P, deux points, slash, slah, double v, double v, double v, point, youtube, point com, slash, watch, point d’interrogation, v égale m, double v, i, i 8, l majuscule, x, z majuscule, q, a majuscule, s

Mais avant de me regarder, je vous en conjure, contemplez le Baron de Munchausen...

Alfred : Si on a envie de faire travailler son imagination, il faut regarder ce film quoi.

(titre « My Imagination » de Bill Whiters disparu vendredi)

Pour imaginer que par delà l’écran, votre mère trinque avec vous pour ses 70 ans, pour se figurer par Facetime les baisers de son enfant avant d’aller de se coucher, pour s’inventer la main d’un inconnu qui se pose délicatement, puis un peu moins, sur votre sexe, nous avons tous, plus que jamais, besoin de déployer des trésors d’imagination.

De Jabberwocky à Brazil en passant par Fisher King et L’homme qui tua Don Quichotte, Terry Gilliam a toujours brandi face à la folie asservissante des inhumaines sociétés humaines le glaive de l’imagination.

Cette imagination grâce à laquelle le Baron de Munchausen brave quotidiennement la mort et qui, à l’heure où on nous prive de nos libertés primordiales : de déplacement, de réunion voire de conversation, restera, quoi qu’il arrive, l’ultime rempart de notre liberté !

Alors vive l’imagination et… Vive le cinéma !

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