Dans un voyage en Absurdie, que je fais lorsque je m’ennuie. J’ai imaginé sans complexe, qu’un matin je changeais de sexe, que je vivais l’étrange drame d’être une femme...

En cette journée 100% féministe de France Inter, je tenais à célébrer un auteur aussi important pour l’émancipation des femmes que Simone de Beauvoir : Michel Sardou. 

Je connais vos réserves les filles, mais dès 1981, Michel brandit fièrement son gros micro pour célébrer toutes les femmes, qu’elles soient cinéaste, comme vous Noémie Lvovsky, écrivain, comme Juliette Arnaud ou planquée en Suisse comme Christine Gonzalez. 

Au siècle dernier, Michel appelait déjà de ses voeux une femme à la Présidence ce qui, au train où vont les choses, pourrait arriver en 2022. Reste à savoir si elle fera bander la France et résoudra nos troubles de l’élection. 

Car Michel a toujours été en avance sur les féministes. Normal, puisque comme tout homme, son cerveau pèse 200 grammes de plus que le votre mesdames. Mais, je ne suis pas venu polémiquer car aujourd’hui la minorité c’est clairement moi, alors parlons de « La bonne épouse », votre film Noémie. 

« La bonne épouse est avant tout la compagne de son mari, ce qui suppose oubli de soi, compréhension et bonne humeur »

Dès que j’ai entendu le premier des sept piliers de la perle des ménagères énumérés par Juliette Binoche dans son école ménagère – ces écoles où on apprenait aux jeunes filles à devenir de bonnes épouses - j’ai su qu’aucune de vous n’avait eu accès à cette formation les filles. 

Et quand bien même vous auriez respecté les 5 premiers piliers, le 6ème : « La bonne ménagère s’interdit toute consommation d’alcool, se devant de toujours montrer l’exemple, surtout à ses enfants » vous aurait été fatal... 

De vous à moi Noémie, j’ai trouvé que votre film démarrait très bien ! Je ne parle pas là de vos répliques drôles et ciselées, ni du trio d’actrices belles et cintrées que vous formez avec Juliette Binoche et Yolande Moreau, mais des belles valeurs qu’il défend et que j’aimerais actuelles. 

On y savoure une douce nostalgie à base de Pschitt et de roudoudous, on y rappelle que les roux sont toujours des éléments perturbateurs – rappelez vous de Daniel Cohn-Bendit ou Pablo Mira - et on écoute le célèbre duo de chanteurs belges : Salvatore & Adamo.

Et puis, subitement, l’histoire se délite. La chute de la figure patriarcale incarnée par François Berléand, fait qu’on s’y met à évoquer la libération de la femme ; à déclarer que l’on ne croit pas au mariage mais à l’amour ; à revendiquer le plaisir féminin plutôt que le devoir conjugal. 

Alors que je peux vous garantir après 30 ans de recherche intensive que le plaisir féminin n’existe pas. 

Pire encore, on se met à écouter du Joe Dassin !

En faisant croire en plus que Siffler sur la colline est de 1967 alors qu’il est de 68, année dont il devint un succès surprise car il fut, comme d’autres, matraqué pendant les grèves de mai. Oui, à l’époque, quand les radios se mettaient en grève, on remplaçait les émissions par de la musique.

Pourtant, j’aurais dû me douter du traquenard tendu pour le chef de famille que je suis car certains signes ne trompent pas. 

L’affiche déjà. 21 personnages, 21 femmes. 

Et puis, les têtes d’affiche : 3 actrices. Certes, toutes compétentes, mais pourquoi ne pas offrir un de vos rôles à un homme ? Après tout : Dustin Hoffman, Jacques Lemon, Christian Clavier ou Didier Bourdon ont prouvé par le passé qu’ils pouvaient jouer des femmes très convaincantes.

Et puis, j’aurais aussi dû me méfier du réalisateur récidiviste, Martin Provost. Par le passé, il avait déjà commis des films sur l’émancipation féminine comme Violette ou Séraphine qui fut césarisé 7 fois, alors qu’il n’est même pas pédocriminel.

Je ne m’explique toujours pas pourquoi cet homme a choisi d’être un traitre à ma con-frérie. Peut-être que derrière ce pseudonyme se cache en fait une « Martine »... Martine fait du cinéma... Comme la réalisatrice, Martine Scorsese... avec talent d’ailleurs. 

Alors, tant pis pour le patriarcat et... 

Vive le cinéma ! 

Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.