Re-reconfiné avec mes 2 Oms, la séance de Thomas Croisière hier c’était… La planète sauvage de René Laloux. Prix spécial du jury du festival de Cannes 1973 et que le wikipedia anglophone catégorise en : « Experimental adult animated science-fiction film ». Tout un programme.

Alfred : C’était un peu compliqué quand même

Gaston : Oui comme Alfred, j’ai trouvé que c’était un peu compliqué, mais que c’était vraiment très imaginaire

Car ce film est adapté d’Oms en série, un livre d’un des maîtres français des cultures de l’imaginaire : Stefan Wul.

René Laloux nous embarque donc sur la planète Ygam et fait le choix dès l’ouverture de nous immerger dans l’action

Alfred : Après on a commencé à comprendre et je trouve que c’était bien parce que c’est un peu comme dans certains films où le générique explique le début du film avec la femme qui court partout et tout le monde la bloque

Cette femme en détresse, avec un enfant dans les bras, fuit une incompréhensible menace sur la musique progressive d’Alain Goraguer

Alfred : C’est l’histoire d’une planète qui n’a qu’un seul satellite qui s’appelle « La planète sauvage ». Cette planète, il y a des Draags dessus qui sont des habitants tout bleus qui ressemblent un petit peu à des terriens mais qui sont différents. Et en fait les terriens sont des êtres inférieurs, un peu comme des fourmis, des cafards et ils sont traités comme des animaux domestiques

La planète sauvage est une fable écologique dans laquelle les hommes sont traités comme des animaux voire des parasites

Alfred : Y a des désomisations. Ils ont des appareils, des petites pastilles qui mettent des gaz, etc.. C’est pour tuer tous les hommes

Gaston : Bah René Laloux. Peut-être qu’il aurait bien aimé qu’il y ait un être supérieur aux humains pour voir ce qu’on fait aux animaux et moi c’est ce que j’aimerais bien aussi

C’est normal mon chéri, tu travailles sur France Inter. Tu es non seulement islamo-gauchiste, mais aussi antispéciste

Alfred : Je trouve que les Draags sont très intelligents et que les hommes c’est un petit peu des hommes préhistoriques, des gros barbares

Des Draags intelligents mais dénués d’empathie menacés par des hommes de plus en plus dangereux à mesure qu’ils s’éduquent et acquièrent des connaissances.

Gaston : Alors, j’ai trouvé qu’il fallait qu’il y ait un peu plus d’animation, mais moi je ne ferais pas mieux

Alfred : Pourquoi plus d’animation ?

Gaston : Tu vois dans les dessins-animés genre Astérix, c’est mieux animé par exemple

Alfred : Non

Gaston : Si

C’est parce que la technique d’animation diffère. C’est celle du « cutout » ou « papier découpé » que l’on retrouve chez les Monty Pythons ou South Park

Alfred : Le dessin, je trouvais qu’il était très bien fait. Pas comme Gaston pense et que pour un dessin-animé, ça passe bien vite

Car la direction artistique est assurée par Roland Topor, que les gars de mon âge connaissent pour Téléchat diffusé au début des années 80 dans Récré A2.

Topor que René Laloux qualifiait de « Prévert à l’humour noir » nourri d’esthétisme surréaliste et des tableaux de Jérôme Bosch. Du travail de pro.

Gaston : Ben j’ai un avis différent, je trouve que l’animation par rapport à celle d’aujourd’hui et je dis bien par rapport à celle d’aujourd’hui, elle est moins bien. Elle est moins bonne.

Tu y es juste moins habitué et ce qui frappe en revoyant ce film presque 50 ans après sa sortie – oui, je sais, ça pique – c’est l’actualité de ses thèmes comme la magnificence de ce grand œuvre de grands artistes fédérés par un grand réalisateur : René Laloux.

Vive le cinéma ! 

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