Confiné volontaire avec mes 2 mutants, je leur propose chaque soir la Séance de Thomas Croisière et hier c’était... "Akira" de Katsuhiro Otomo

Akira de Katsuhiro Otomo

Y a des moments où tu chopes la confiance, comme hier quand j’ai dit: « Ce soir, on regarde Akira », ce jalon de la cyberculture, aussi important que 2001 l’odyssée de l’espace ou Blade Runner. Ce manga que j’achetais ado dans une librairie depuis fermée et cet anime qui avec son historique budget de plus d’un milliard de yens et cette accroche racoleuse : « C’est violent mais c’est beau » fit de moi un otaku, un geek sauce soja

Gaston : J’ai pas aimé Akira du tout, j’ai détesté, j’ai détesté le colonel,...

J’interromps ce laïus haineux qui me meurtrit dans ma chair comme celle de Tetsuo l’est par le projet d’expérimentation militaire « Akira » dont il est le cobaye. Mais une chose trouve grâce à ses yeux

Gaston : J’ai trouvé que la moto, là, rouge du mec, elle était classe

La moto et le blouson de Kaneda sont aussi rouges et essentiels dans la pop-culture que le cuir de Michael Jackson dans Thriller ou les chaussures de Judy Garland dans Le Magicien d’Oz.

Steven Spielberg s’en souvint pour son film mashup : Ready Player One – dont l’excellente chronique par mes deux rejetons et moi même est disponible en podcast.

Gaston : En fait, ça raconte l’histoire d’un motard qui a fait un accident, il se retrouve à l’hôpital et l’a on l’étudie et tout ça parce qu’on découvre qu’il a quelque chose en lui de bizarre que pas tout le monde a. Après à la fin, dès qu’il ressort de l’hôpital, il a Akira en lui. En fait, lui, il est très méchant parce qu’en fait son âme, c’est plus son âme en vrai, c’est Akira. Donc, il a plein de supers-pouvoirs et donc il se transforme en mec super laid qui se prend des raclées de bazooka dans la tronche

Il en a plus compris que moi, qui à 17 ans, découvris au cinéma la virtuosité des 327 couleurs et 160 000 cellulos animés en 24 images seconde sur les rythmes tribaux de Shoji Yamashiro

Entêtante partition pour cette dystopie post-apocalyptique qui s’ouvre par la destruction de Tokyo en 1988 avant de nous transporter en 2019 dans un monde qui courait à sa perte et avec des JO qui devaient se dérouler à Tokyo en 2020. Comme quoi les auteurs de science-fiction ne disent que des conneries.

Alfred : J’ai pas grand chose à dire à part qu’à la fin, j’ai trouvé ça dégueulasse quand il devient de la grosse bouillasse. Hum, je n’aurais pas aimé être emprisonné là dedans

Je conserve précieusement ce témoignage car je sais qu’un jour, ils voueront, comme Kanye West et moi, un culte à cet anime et manga fondateurs. Tous deux sortirent l’animation japonaise de la case « japoniaiserie » pour la faire entrer dans l’âge adulte.

Et comme les pouvoirs psychiques de Tetsuo, celui d’Akira ne cesse de croître: Taika Waititi, réalisateur de Thor : Ragnarok et Jojo Rabbit,  travaillait sur une adaptation en live-action pour 2023, Katsuhiro Otomo a annoncé qu’il travaillait sur une nouvelle série animée. Donc quoi qu’il arrive, si tu ne viens pas à Akira, Akira viendra à toi... Vive le cinéma

  • Légende du visuel principal: Extrait de l'affiche
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