La filmographie de Lord Esperanza étant nulle, Nathalie, qui s’occupe de la programmation de l’émission a confié un exercice libre à Thomas Croisière

Déjà, comme l’indique mon physique, quand je suis libre, je ne fais pas d’exercice. Sauf à considérer que lever le coude en est un. Ensuite, puisque ma chronique s’appelle « Le Cinéma de Thomas Croisière », je vais vous parler de cinéma... ou de moi. 

Moi, je ne vais pas trop mal. Même si j’étais mieux en vacances. Mais, franchement, on se réhabitue vite aux particules fines, aux travaux et à l’agressivité des gens. 

Sinon le cinéma. Y a « Ça 2 » qui sort demain. Non, pas le marquis qui pâlit quand Michel Sardou va t’aimer...

Voyez, ça, ça aurait été une idée pour mon « exercice libre ». Vous faire karaoker du Michel qui à force de chanter l’An mil a fini par haïr ce siècle. Mais maintenant que j’en ai la liberté, ça m’amuse moins. Ce que j’aimais, c’était l’interdit. Et « Ça 2 », le film pour coulrophobes – ceux qui ont peur des clowns et donc de nous - l’est aux moins de 12 ans. 

Je vous avais parlé du 1, il y a 2 ans et grâce à ma chronique le film a fait 700 millions de dollars au box-office et j’ai même pas reçu un petit cadeau des producteurs alors que bon avec 700 millions de dollars, tu peux quand même te permettre d’offrir des trucs. 10 millions de places pour aller voir Sardou jouer Guitry en carré or par exemple. 

J’aurais aussi pu vous parler de « 2 moi », non pas de moi - ça je l’ai fait tout à l’heure - « 2 moi », le nouveau film de Cédric Klapisch. Mais bon, il y a Ana Girardot dedans - la fille à Hippolyte – donc ce serait donner encore des arguments à ceux qui pensent que les médias c’est copinage et compagnie, et c’est pas le moment. 

Moi, si j’avais des copains dans les médias, j’adorerais qu’ils parlent de la sortie des « Crevettes Pailletées » en DVD le 25 septembre – même le prix vous fera rire - il paraît que j’y suis remarquable en Pascal avec la réplique : « Dîtes saucisse ». Mais pour avoir des copains dans les médias, il faudrait déjà que j’aie des copains. 

Un réalisateur qui parle bien de l’amitié, c’est Claude Sautet. Et ça tombe bien – normal après avoir sauté - demain ressort « Un mauvais fils » avec Patrick Dewaere – l’acteur préféré des barmen – 2 verres, vous l’avez ? – Pourtant, je vous l’avais déjà servie dans ma première chronique en février 2017. 

En 1980, Claude Sautet a juste signé un film magistral et je ne comprendrais jamais comment, d’un simple regard, Patrick Dewaere fait pour nous bouleverser d’humanité. Mieux que n’importe quelle baltringue gesticulante disant « saucisse ». 

Merci Claude Sautet de m’avoir appris que lorsqu’on est dans la merde, on peut rarement compter sur François, Paul ou les autres et que lorsque l’on aime deux femmes en même temps, il vaut mieux éviter de prendre sa voiture – comme quand on a pris 2 verres d’ailleurs - et merci à toi Valérie de m’avoir fait découvrir Claude Sautet dont les mots de Rosalie ont conclu ta lettre de rupture au siècle dernier : « Toi, tu seras toujours Thomas qui m’emmène sans m’emporter, qui me tient sans me prendre et qui m’aime sans me vouloir ». 

Ce soir nous sommes septembre... le 10... Et vous parler de Patrick Dewaere en cette journée mondiale de la prévention du suicide, aurait été cohérent. 

Autre hasard du calendrier, qu’un coup de dé jamais n’abolira, la ressortie demain d’ « Hôtel des Amériques » toujours avec 2 – waere et 2 – neuve. Une passion déchirante entre une femme blessée et un homme paumé. Mais dois-je m’échiner à vous donner envie d’aller voir en salle un vieux Téchiné ?  

Non, je sais que vous n’irez pas. Est-ce qu’un seul d’entre vous a regardé « Le magnifique » après ma chronique de la semaine dernière ? Non... je sais que non. Tout cela est un peu vain, et ça aussi ça va très bien avec 2 verres. 

Alors bien sûr, je pourrais profiter de cette liberté pour vous dire de regarder mes 3 films préférés « Il était une fois en Amérique », « Citizen Kane » et « Casablanca » parce que tout est là. Mais, vous en parler 3 minutes, ce serait comme vous faire l’amour 3 secondes. Ca ne fera jamais pâlir un seul Marquis de Sade. 

Voilà, je ne sais pas quoi faire de votre liberté qui dépend toujours de la longueur de la chaîne – ou comme on est à la radio, de la longueur d’onde. 

Je veux de l’ordre, des jeux, de l’essence. Et malgré mes plus noirs désirs, j’aimerais qu’on continue d’imprimer le rêve de l’égalité, qu’on ne supprime jamais celui de la fraternité et qu’il ne reste pas... que des pointillés. 

Çà vous dirait qu’après l’émission on en discute librement autour d’un ou deux verres ? 

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