Confiné avec mes prisonniers scolarisés, je leur propose chaque semaine la séance de Thomas Croisière et hier c’était…

11 novembre oblige, place au classique de 1937 dont Roosevelt déclara que « tous les démocrates du monde devaient l’avoir vu » et que Goebbels, moyennement démocrate, qualifia d’« Ennemi cinématographique numéro 1 »

Le capitaine DE Boëldieu, joué par le grand Pierre Fresnay retrouve le commandant VON Rauffenstein gespielt von dem Kolossalen Erich von Stroheim.

Abattu en combat aérien, le français est prisonnier de l’allemand heureux de le retrouver, car, pour Renoir, les classes sociales divisent plus sûrement les hommes que les frontières.

Sans La Grande Illusion, pas de McQueen qui fait le kéké à moto. Renoir inspira directement Casablanca et Citizen Kane. Il est cité dans Annie Hall et référent pour La sirène du Mississippi.

Boëldieu prépare donc une « petite » évasion avec le juif Rosenthal, et le titi Maréchal, porté par celui qu’on n’appelait pas encore Le Patron, mais Gueule d’amour

L’air d’Il était un petit navire, terrible comptine sur le sacrifice dans laquelle on tire à la courte paille celui qui qui qui sera mangé. Ohé ! Ohé !

Mais, nous savions que ce film annonçait le crépuscule des DE et des VON pour qui, comme le rappelle Boëldieu mourant : « Le devoir, c’est le devoir. Pour un homme du peuple, c’est horrible de mourir à la guerre. Pour vous comme pour moi, c’est une bonne solution »

Pas seulement, sinon, il aurait lourdement échoué ! Cette der des ders n’était qu’une Grande Illusion qui réunit 12 millions de spectateurs même s’il fut streng verboten entre 40 et 45.

Alors, puisque l’on est en guerre et que l’on renonce à nos libertés comme on a renoncé à l’égalité, regardons La Grande Illusion, le plus grand film sur la fraternité.

Vive le cinéma

Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.