Ces derniers mois on a beaucoup parler cinéma et viol, alors en ce 12 mars, et avec la présence du virtuose Renaud Capuçon, parlons violons !

Deux événements majeurs marquèrent l’année 1974 : 

Ma naissance 

Et ce massacre des Danses hongroises orchestré à l’image par Yves Robert et au son par Vladimir Cosma dans Le retour du grand blond

Titre de ce morceau ? Les Brahms m’en tombent

Oui, on savait rire sous Giscard !

Ma relation avec le violon, qui doit son succès mondial à sa versatilité, sa petite taille et son poids minime – un peu comme le sexe d’Alex Vizorek - a donc débuté avec la chaussure noire de Pierre Richard, le dos nu de Mireille Darc et un pétaradant rire symphonique. 

Lorsque je me suis dit que je parlerai violon et cinéma pour vous accueillir Renaud Capuçon, je me suis encouragé d’un : « Allez gros ! ». Je sais, c’est un jeu de mot pour lequel je mérite de finir au violon. Je vous rappelle également qu’un silence dans une fromagerie est toujours de Wolfgang-Amadeus car  dans une fromagerie, Mozart est là.

Voilà, pour citer Francis Veber, co-auteur du Grand Blond, « Quand les clowns ont fait beaucoup rire, ils jouent du violon », alors, violonons gaiement en attendant le confinement !

Tous les matins du monde

Ah ben, ça démarre bien. J’avais pourtant dit : « pas la viole de Tous les matins du monde car ce sont deux familles d’instruments très différentes ». 

Ne serait-ce que par leur nombre de cordes : 4 pour le violon, 6 pour la viole ; ou la tenue de l’instrument sur ou entre les genoux d’où le terme de viole de gambe - pour jambe - par opposition à celui de viola de braccio - de bras – où l’on retrouve votre Guarnerius de 1737 parce que Stradivari n’est pas l’unique maître luthier.

Et puis, ces derniers temps, on a beaucoup parlé cinéma et viole, alors revenons à nos violons.

Domicile Conjugal

Dans Domicile Conjugale, Claude Jade répète ses gammes polies face au polygame Antoine Doinel. Elle joue sur un escabeau pour domestiquer son vertige et François Truffaut nous enchante d’un cadrage tout en jambes à faire rougir le Benjamin Braddock du Laureat

Les jambes de Claude Jade, accompagnées de son étui à violon, qui en ouverture du film telles « des compas arpentent le globe terrestre en tout sens, lui donnant son équilibre et son harmonie ». 

Le violon, c’est les jambes certes, mais c’est aussi la tête... 

Shelock Holmes

Benedict Cumberbatch violone God save the queen dans Sherlock

Le « prince des instruments » est le compagnon de dizaines de personnages: Holmes, Einstein, le très sérieux Data dans Star Trek ou encore Charlot. 

Ingrid Bergman en joua dans Intermezzo, Ingmar le mit en images dans Vers la joie, Resnais dans Melo, Lelouch dans Les uns et les autres. Autant de tronches à collectionner dans son album Paganini.

Mais l’image de violon la plus marquante est sans doute Le violon d’Ingres, photographie de Man Ray où le dos nu de Kiki de Montparnasse arbore les ouïes d’un violon. 

Et « OUI !», c’est évidemment ce que j’aurais répondu à Emmanuelle Béart si elle m’avait dit : 

Un coeur en hiver 1

« J’ai envie de vous. J’ai pas l’habitude de me jeter à la tête des gens comme ça. Il fallait que je vous le dise. Voilà »

Mais Daniel Auteuil et son Coeur en hiver lui répondirent : « Je ne vous aime pas ». 

Et à chaque fois, je me sens, comme elle, humilié alors je me maquille comme un camion volé et je gueule avec elle, même si je sais que je pisse dans un violon :

Un coeur en hiver 2

« Mais si c’était un jeu, il fallait jusqu’au bout. Il fallait me baiser. Vous auriez été un salaud, mais au moins c’est dans la vie. Mais là c’est rien, vous n’êtes rien ! »

C’est beau et violent comme les sonates de Ravel dont la vie inspira ce film et que Camille enregistre dans ce pénultième chef-d’oeuvre de Claude Sautet.

Sur sa tombe, il fit graver : « Garder le calme dans la dissonance ». Il n’existe pas meilleure épitaphe pour résumer la filmographie du chef d’orchestre de Vincent, François, Paul et les autres ; César et Rosalie ou Les choses de la vie

« Claude Sautet, c’est la vitalité » écrivit Truffaut. 

Alors vive Claude Sautet et… Vive le cinéma !  

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