Confiné avec mes deux vengeurs masqués, je leur propose chaque soir la Séance de Thomas Croisière et hier, c’était...

Non, pas la série interprétée par Guy Williams qui fit la joie de mes samedis soirs et que réinterprétèrent Les Nuls...

Ni la cinquantaine d’autres films portés par Antonio Banderas, Anthony Hopkins ou Douglas Fairbanks, mais l’adaptation en mode spaghetti d’un des premiers héros qui, bien avant les supers, cachait sa véritable identité sous un masque - et je vous épargne toutes les allusions qu’avec ce mot, je pourrais faire à l’actualité et la politique du gouvernement, car je ne suis pas Guillaume Meurice et ne ferai pas de parallèle entre « zéros » et Zorro.

Alfred : Le gouverneur est mort et donc son ami se fait passer pour le nouveau gouverneur et en même temps pour Zorro pour libérer les pauvres et les animaux, etc.

Saine ambition que de vouloir libérer les pauvres et les animaux. Zorro, c’est un peu Guillaume Meurice mais bon à la bagrre

Gaston : J’ai trouvé que Zorro il faisait un peu son frimeur et que la fille c’était un peu un petit boulet

En adjoignant fille et boulet, mon fils vient, sans le savoir, de faire son premier pléonasme. En revanche, je ne suis pas surpris qu’il ait trouvé Zorro frimeur puisqu’ici...

Alain Delon, c’est Zorro

Et moi qui suis davantage Alain Deloin, je peux vous dire qu’il ne frime pas Alain Delon. Il est simplement Alain Delon au sommet de sa beauté et de sa carrière en 1975.

Et telle Romy dans La piscine, j’ai envie de plonger dans les magnifiques yeux bleus de chaque gros plan du vengeur masqué. Si le félidé Delon a accepté de jouer le renard, c’est d’une part pour l’oseille et d’une autre pour son fils Anthony. Résultat : 1 million d’entrées France, 5 en Italie, 50 en URSS et plus de 70 en Chine où il sortit en 1978. Vous voyez Guillaume, c’est un film communiste, ça devrait vous plaire...

Alfred : Moi, j’ai bien aimé les bagarres à l’épée

Gaston : Et moi j’adorerais les faire

Et on voit bien que même dans un film de gauche, Alain Delon s’éclate à retrouver la cape et l’épée qu’il avait tant aimées dans le formidable Tulipe Noire, à faire ses propres cascades et à cabotiner dans le triple rôle de Diego, Zorro et Miguel, même si, je reconnais, qu’il sera nettement meilleur l’année suivante en Monsieur Klein.

Le réalisateur prend tellement de plaisir à filmer l’affrontement du beau Delon et du méchant colonel Huerta qu’il étire leur duel final sur 12 minutes – soit le temps ressenti d’une chronique de Guillaume Meurice.

Tous les poncifs y passent : la salle d’armes, la cuisine, l’escalier, le toit... On saute, se jette des trucs, se toise pour affirmer qu’on a la plus grosse... épée évidemment

Alfred : Bin le duel, à un moment, il ne voit plus Zorro le général Huerta, alors il dit « J’ai gagné, j’ai gagné » et après Zorro il saute et ils se battent avec des torches et caetera et après je ne vous dis pas qui a gagné

Pour respecter la volonté de mon fils, je ne vous dis pas non plus qui a gagné, mais un indice s’affiche chez vous : son nom, il le signe à la pointe de l’épée, d’un Z qui veut dire ?

Vive les héros masqués et... Vive le cinéma !

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