Une ode cinématographique en hommage à la carrière de Gérard Lanvin...

« On m’appelle le chevalier blanc, je vais et je vole au secours d’innocents », chanson de Gainsbourg et Cosma et premier grand rôle de votre carrière qui faillit immédiatement y mettre un terme, comme « Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine » mit fin à celle de réalisateur de votre ami Coluche. J’ai longtemps été fasciné par votre bel organe jusqu’à ce que j’apprenne que c’était celui d’un autre, Olivier Constantin, qui plus tard chanta « Cobra » et prêta sa voix à Monsieur Jack dans « L’étrange Noël » du même nom. 

Quelle joie à quelques jours de célébrer l’an 20-20 d’être à côté de Lanvin. Quel risque aussi d’être à portée de bras et d’épaules qui justifient à eux seuls l’invention du marcel. 

Je vais quand même vous tailler un costard avec mon Top 3 cinéma de... Gérard ! Et ce n’est pas grave si je finis chocolat car je suis fou du comédien Lanvin.

« J’fais comme tout le monde, j’me brûle »... Si vous saviez le nombre de fois où j’ai rejoué à mes béguins adolescents cette scène de « Marche à l’ombre », ce moment où vous saisissez la théière brulante de Sophie Duez au sommet de l’Alpe de sa beauté, et la servez sans broncher. Vous êtes à ce moment précis, la perfection au masculin. Mon potentiel érotique en peignoir cintré rose étant nettement inférieur au vôtre, sachez que j’ai de mon côté bu d’avantage de thé que roulé de pelles. 

« Marche à l’ombre », première réalisation de votre ami Michel Blanc – enfin, votre ami, il voulait Bernard Giraudeau à la base – est un imparable classique aux répliques ciselées qui s’ouvre sur cette formidable chanson de qui les amis ? 

Téléphone ! Puisqu’il démarre sur « New-York avec toi », cohérence quand tu nous tiens ! Je salue au passage la mémoire de Guy Laporte disparu mercredi dernier et qui joue le routier qui vous vire de son bahut.

« Un idiot riche est un riche et un idiot pauvre est un idiot » et vous n’avez pas prévu de mourir idiot puisque vous préparez un braquage à 3 milliards dans « Les Spécialistes » de Patrice Leconte. Je me souviens que l’affiche du film le spoilait sans complexe : « C’était impossible, ils l’ont fait ». J’hésitais alors à économiser 20 balles – oui, à l’époque, une place de cinéma c’était 20 francs – et j’aurais eu tort car c’est un grand film d’action français dont les scènes dans les gorges du Verdon comme votre braquage suspendu ont, sans doute possible, inspiré les « Mission : Impossible » de John Woo et de Palma. 

A-t-on vu depuis Newman et Redford – qui me ressemble tant – un couple plus sexy à l’écran que Giraudeau et Lanvin ? La réponse est non !

- Une femme qui a aimé un homme et qui le revoit des années après, ça a quelque chose d’indécent 

- Et un homme qui a aimé une femme ?

Et moi je vais vous dire ce qui est indécent dans cette scène du « Fils Préféré » c’est la tension érotique entre vous et la femme de votre frère. Et je ne sais pas si vous avez remarqué, mais j’ai, comme elle, laissé pousser mes cheveux. 

Dans ce drame familial de Nicole Garcia, vous retrouvez encore Bernard Giraudeau. 

Votre maîtrise absolue du regard triste vous offre le César du meilleur acteur. César que vous n’irez pas chercher comme celui du « Gout des autres » car vous estimez à juste titre qu’un acteur ne peut briller que grâce à la générosité de son partenaire ou d’un réalisateur.

J’ai donc pu acheter ce César sur leboncoin et depuis, le soir, seul chez moi, je me prends pour Gérard Lanvin et je remercie l’Académie. 

Alors oui, je sais, chez vous, vous vous dîtes : « Et « Une étrange affaire », « Mesrine », « Le prix du danger », « Le choix des armes »,... et ben vous savez quoi, vous avez qu’à l’écrire vous même cette chronique. Parce que moi je suis comme Gérard les jours de pleine lune lelouchiens...

Voilà, faut pas gonfler Gérard Lanvin, quand il vient dans « Par Jupiter ! », c’est la morale de ma chronique. Moi j’la trouve chouette. Pas vous ? A bon !

Vive le cinéma !

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