Confiné volontaire avec duos filios meos, je leur propose chaque soir la Séance de Thomas Croisière et hier c’était...

2 heures moins le quart avant Jésus Christ de Jean Yanne

Après 2 échecs cinématographiques et un exode fiscal, Jean Yanne croise à Los Angeles le producteur Claude Berry qui venait de signer 4 films avec Coluche, son poulain futur pantin. Le nabab du cinéma français lui demande s’il n’aurait pas une idée. Et ça tombe bien, il en a une qui traine autour d’un héros mélange de Judah Ben Hur, conducteur de char et pote de Jésus et Etienne Marcel, prévôt des marchands de Paris et station de métro.

Alfred : Ben Hur Marcel, c’est un mécanicien

Gaston : Il est garagiste

Alfred : Un garagiste, exactement. Il est président de l’assemblée des marchands en colère et en fait il se fait emprisonner. Le consul, il complote contre l’Empereur et donc il prend Marcel pour comploter

Il est charagiste et cette histoire avec un petit h permet à Jean Yanne de revisiter celle avec un grand en surfant sur les récents succès de la pythonesque Vie de Brian et la Mel Brooxienne Folle histoire du Monde.

Gaston : J’ai beaucoup aimé 2 heures moins le quart avant Jésus Christ parce qu’il y avait plein de choses qui n’étaient pas dans l’époque par exemple, il y avait des pubs partout sur les murs du stade de la course de chars, y avait la télévision dans un bout de pilier  par exemple dans les bars, y avait des trucs où on se servait et on appuyait sur un bouton et ça sert et voilà

  • L’anachronisme est LE ressort comique du film. 3ème plus gros budget français de 1982, Jean Yanne en profite pour :
  • Faire du placement de produits pour les « Poelum Tefalum » ou « Panem, Vinum, Boursinum »,
  • Faire tourner les copains Darry  Cowl, Paul Preboist, ou André Pousse
  • Son ex – Françoise Fabian, son actuelle – Mimi Coutelier,
  • Recycler son sketch La circulation à Rome avec Paul Mercey,
  • Et recycler la partition du cage-aux-follesque Michel Serrault en César tout de cuir et moustache attiré par les petits-gros dans une vision éculée des clichés homosexuels qui tire parfois ce film vers le navet César.

Gaston : C’est l’histoire de Rome, mais à la façon un petit peu des Monty Pythons

Alfred : Je ne suis pas trop de l’avis de Gaston, moi je préfère largement les Monty Pythons, mais j’ai quand même bien aimé, mais à part de dire que c’est un film débile, j’ai pas grand chose à dire sur ce film

Tu aurais pu dire qu’il y a de formidables fulgurances comme ce clin d’oeil « Tou tou tou tou tou » à La rencontre du 3ème type, le quiproquo du fait « d’en être ou pas » entre Coluche et Serrault, et puis il y a le regard désabusé de Jean Yanne sur ses congénères car n’oublions jamais que « César ne serait pas un loup, si les romains n’étaient pas des agneaux ».

Gaston : Ils vous prennent pour des cons

Alfred : Parce que vous êtes cons

Gaston : Et donc tellement ils ont passé de temps à vous traiter de cons, c’est trop tard, on ne peut plus vous libérer des chaînes de la conneté

La conneté... ou plutôt la connerie qu’il dénonce dans un esprit rappelant Guillaume Meurice dans ses meilleures minutes, et elles sont rares.

- Ecoutez moi ! Vous pensez tous que César est un con ?!
- (hurlement de la foule)
- Vous pensez que le consul et son conseiller sont des cons ?!
- (hurlement de la foule)
- Que les émirs, la police et l'armée sont des cons ?!
- (hurlement de la foule)
- Et vous pensez qu'ils vous prennent pour des cons ?!
- (hurlement de la foule)
- Et... vous avez raison... Mais eux aussi... Parce que depuis le temps qu'ils vous prennent pour des cons, avouez que vous êtes vraiment des cons !

4 600 000 cons allèrent voir le film en salles, relançant ainsi la carrière du réalisateur qui s’arrêta définitivement après l’échec de Liberté, égalité, choucroute, 3 ans plus tard. C’est con...

Vive le cinéma 

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