Confiné avec mes deux collabos, je leur propose chaque soir la Séance de Thomas Croisière et hier, c’était...

Oui Guillaume, celui là même qui, en 1989, fut élu député européen frontiste, mais distinguons l’artiste du projet politique, ceci d’autant plus que lorsqu’il tourna le film en 1956, il était encore président de la fédération nationale du spectacle CGT.

D’ailleurs, qui peut dire si dans 40 ans, vous ne serez pas élu RN Guillaume ? En revanche, dans 40 ans, je pense que mes enfants, si on peut encore voter, seront clairement sur un vote droite libérale.

Gaston : L’acteur qui était avec Bourvil, il voulait de l’argent, il voulait 2000 pour une traversée de 8 kilomètres à pieds donc ils sont habitués eux. Alors moi je me dis que 2000 c’est beaucoup tout de même et en tout cas Bourvil, il dit pas j’en veux plus, 450 c’est très bien

Voilà, 450 c’est très bien et puis dis merci !

Ils rejoignent en cela l’esprit de la réplique assassine de Jean Gabin reprise plus tard par Coluche : Salauds de pauvres !

Fantastiques dialogues de Jean Aurenche, n’en déplaise aux salauds de la Nouvelle Vague. Et ils faisaient quoi les salauds pendant l’occupation ?

Gaston : Ils font du marché noir, papa tu leur expliqueras ce que c’est

Je vois le genre, comme tu prends pas d’oseille sur ma tartine, je dois me farcir le turbin. Salaud de gosse !

Alors, le marché noir, c’est un marché clandestin et, ici,  nos héros doivent transporter dans Paris, un cochon découpé dans 4 valises.

Alfred : Ce qui m’a plu, c’est quand ils traversaient Paris tranquille. J’ai juste pas aimé les passages où Jean Gabin il faisait des trucs mais sinon quand ils traversaient Pa ris tranquillement ou alors quand ils se cachaient quand il y avait de la police, j’ai bien aimé

Et c’est normal que t’aies aimé mon chéri. T’imagines ? En 1942, on était libre de boire un calva dans un café, marcher à 2 dans la rue, on pouvait même se déplacer à plus d’un kilomètre de son domicile. C’était le temps où l’allemand n’était pas préfet de Paris mais simplement occupant.

En revanche, c’est plus problématique si tu n’as pas aimé Gabin car il tient le premier rôle aux côtés de Bourvil. Et dans un second rôle, on découvre un quasi-inconnu.

Gaston : Et j’ai trouvé que Louis de Funès, il jouait pas un très gros rôle tout de même

A 42 ans, Louis n’est pas encore de Funès, mais remarqué en Jambier dans la cave du 45 rue Pauliveau, où il dessine ce personnage de lâche devant le fort et tyrannique avec le faible qu’il rejouera 10 ans plus tard avec Bourvil dans Le Corniaud et La Grande Vadrouille.

Bourvil obtint le prix d’interprétation à Venise et Gabin, une nomination aux Baftas, les oscars anglais. Un duo impeccable – enfin 2 peccables - du début à la fin.

Alfred : J’ai trouve un peu bizarre la fin. J’ai trouvé ça un peu bizarre

Dans la nouvelle de Marcel Aymé, le personnage de Bourvil tue celui de Gabin avant d’être exécuté signifiant ainsi la victoire de l’honneur du prolétariat contre le cynisme d’une bourgeoisie oisive.

Ici la fin que je vous laisse découvrir ou revoir est beaucoup plus désabusée et toujours d’actualité. Le noir et blanc n’a hélas pas jauni.

Vive le cinéma ! 

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