Fêtes obligent, Thomas Croisière vous propose un top 4 des films que t’as aimé petit à partager avec tes petits.

Numéro 4  : "Qui veut la peau de Roger Rabbit"

_Qui veut la peau de Roger Rabbit_vous évitera de dire à vos enfants, on va regarder un film de papa.... « Ohhhh » ; pour dire : on va regarder un dessin animé : « Waaaah... ! » puisque Roger Rabbit débute par un cartoon survolté avec Bébé Herman et Roger en baby-sitter incompétent. Le film se mue alors en comédie noire mélangeant prises de vue réelles et animation. Sur fond de critique à la trempette des années chaudes d’Hollywood et de complot affairiste à Toonville, Robert Zemeckis séduit les enfants avec les caméos les plus incroyables de l’histoire du cinéma : de Mickey à Bugs Bunny en passant par Betty Boop et Dumbo; il séduit aussi les parents avec une intrigue de polar inspirée du « Chinatown » de Polanski. Et petits et grands se retrouvent dans un gigantesque décrochage de mâchoire Tex Averyien avec Jessica Rabbit. Jessica, la plus incroyable playmate de l’histoire du cinéma. Jessica avec qui on a tous rêvé de faire « picoti-picota ». Jessica qui mettait sans doute des soutiens-gorge Walt Disney, pour avoir des seins animés. « Qui veut la peau de Roger Rabbit » est aussi l’occasion d’initier vos enfants au contrepet en leur demandant : « Qui veut la bite de Roger Rapeau ? ». 

Numéro 3 : "L’histoire sans fin"

Plus traumatisante que la mort de la mère de Bambi, plus effrayante que la douche de « Psychose », la mort d’Artax le cheval d’Atreyu dans les marécages de la mélancolie a mis un terme aux illusions de la génération X dont je fais partie. Dans  L’histoire sans fin, le jeune Bastien, grand lecteur de romans d’aventure, se trouve projeté dans le monde de Fantasia où le Néant n’a qu’un objectif : faire perdre l’espoir aux gens afin de faciliter leur soumission. Heureusement, ça n’est que du cinéma. Tous les enfants qui ont vu ce film ont rêvé comme moi de chevaucher Falkore, dragon à tête de chien chelou qui aime qu’on le gratte derrière l’oreille. Ils ont surtout compris que seuls l’espoir et l’imagination pouvaient sauver le monde et que celui qui n’a pas de passé, n’a pas non plus d’avenir.

Numéro 2 : "Beetlejuice"

Dans Beetlejuice, Tim Burton fait tout à l’envers : ce qui doit faire peur, fait rire et ce qui devrait te fait rire devient effrayant. Un peu comme un jeu de mot de Thomas Croisière. Burton impose son style « shiny gothique » décliné ensuite dans les films à partager « Edward aux mains d’argent », « L’étrange Noël de Monsieur Jack », « Mars Attack » voire même « Batman » avec un Michael Keaton beaucoup plus sobre en super-héros qu’en fantôme pervers et grossier. Profitez en pour concocter une soirée Thema avec la lecture d’un poème de « La triste fin du petit enfant huitre » pour bien leur faire comprendre que la différence est une force. « Beetlejuice » est aussi l’occasion de leur faire découvrir Harry Bellafonte, vu récemment dans « Blackkklansman », dont le « Banana Boat Song » hante une des plus grandes scènes de dîner de l’histoire du cinéma ... « Daylight come and me wan’ go home ». 

Numéro 1  : "Retour vers le futur"

Qui ne s’est pas fantasmé au volant de la DeLorean du professeur Emmett Brown ? Qui n’a pas rêvé d’atteindre les 88 miles à l’heure pour voyager dans le temps avec Michael J Fox ? Michael J Fox à cause de qui j’ai failli m’appeler Michel J Renard et pas Thomas Croisière. Retour vers le futur permet de répondre à cette question essentielle : « Est-il acceptable de baiser sa mère à partir du moment où elle ne sait pas que vous êtes son fils ? » et donc d’aborder sereinement avec vos enfants le thème de l’inceste, mais aussi du continuum espace temps, du harcèlement scolaire, de Chuck Berry et de la critique cinéma, puisqu’à l’époque, on lisait dans Libération: « Un des plus consternants navets qu'ait produit la bande à Spielberg. […] Retour vers le futur est le ramassis d'images le plus inoffensif que l'Amérique nous ait envoyé depuis des années. Quant à Bob Zemeckis, son amour des mouvements d'appareils pour rien, son manque de temps absolu dans la direction d'acteurs, sa conception hystérique de la mise en scène en font d'ores et déjà le prétendant idéal de Tavernier américain. » Alors que nous savons tous ici que Bertrand Tavernier n’a commis qu’une erreur dans sa carrière de cinéaste, celle d’embaucher Thomas Croisière dans « Quai d’Orsay ». Alors vous chez vous, vous allez sans doute critiquer la sélection de ce Top 4 et vous aurez raison, alors je vous propose de faire comme moi. De vous souvenir des films que vous avez aimés quand vous aviez 10 ans, peut être même les avez vous vus avec votre père ou votre mère, parce qu’au final, avec ce retour vers le passé et ces choix de cinéma pour mes gamins, je ne fais qu’une chose, je leur parle un peu de moi... Et ils sont encore suffisamment jeunes pour trouver ça sympa.

Vive le cinéma !

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Qu'est-ce qu'on regarde avec ses enfants ? © Getty / PeopleImages
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