A l'occasion de la sortie du film de Kervern et Delépine, "I feel good" où Jean Dujardin cherche l'idée qui le rendra riche. Peu importe le projet. L'occasion de faire un top 5 du monde de l'entreprise dans le cinéma.

Ah Charline, I feel good de recevoir Yolande Moreau qui campe Monique dans le film de Kervern et Delepine. 

Monique dirige une communauté Emmaüs et voit son frère Jacques, non pas le curé endormi qui doit sonner les matines, mais Jean Dujardin débarquer avec une obsession de l’époque: trouver l’idée qui le rendra riche. Peu importe le projet, la richesse est LA fin en soi, et tant mieux puisque: « la France a besoin de jeunes français qui ont envie de devenir milliardaires ». L’occasion pour moi de vous proposer un top 5 subjectif sur l’entrepreneuriat au cinéma.

Numéro 5

Comme dans « Les grandes familles » où Pierre Brasseur affronte Jean Gabin ; 2 conceptions du monde s’opposent dans « I feel good ». 

Celle de Monique qui veut bien admettre que le communisme a fait des millions de morts, mais pour qui le capitalisme, à terme c’est 7 milliards de morts... sans compter tous les animaux qui seront morts avant. 

Face à celle de Jacques, apôtre du Dieu argent qui pense que tout ce qui ne nous tue pas, nous rend moins mort.

Numéro 4

Comme dans le Wall Street d’Oliver Stone où l’ultra libéral Gordon Gekko fait la leçon au jeune Bud Fox, Jacques est plein de théories sur le business issues de livres de Bill Gates ou Bernard Tapie. 

Pour lui, la France est un grand pays, et pas de grand pays sans grand patron... Et ce grand patron, bien évidemment c’est lui. Lui qui n’attend pas d’avoir une idée pour monter un business et qui pense surtout que si les russes boivent de l’alcool à 90, c’est parce qu’il ne savent pas que le champagne existe.

Numéro 3

Tout comme Al Pacino dans Scarface qui déclare,... attention, tentative d’accent sud-américain : « J’ai des mains faites pour l’or et elles sont dans la merde »... Jacques veut tout, quitte à escroquer ses proches et à les « enculer » pour reprendre un terme cher à Tony Montana... sans que cela lui pose d’ailleurs de problèmes MORAUX... Yolande. 

Numéro 2

Louis de Funès en Don Salluste de « La Folie des grandeurs » résume en une phrase lapidaire 50 années de conférences du forum de Davos. Davos où comme le dit Jacques : « Ils bouffent tous à la même raclette »... 

J’ai beau refuser les théories du complot, mais Davos fut créé en 1971, la même année que celle de la sortie du film de Gérard Oury. Coïncidence, je ne crois pas ? 

Et vous allez me dire Charline « il en manque une ! » 

Charline : Il en manque une !

Effectivement monsignor, il est l’or du numéro un

I feel good

Jacques dans « I feel good » fonctionne à coup de pensée magique. Indécrottable loser, il est persuadé qu’il peut changer l’eau en château Petrus grâce à son bagou et sa baseline – non Alex, pas la ligne de baise, la baseline, le slogan de son entreprise : « Culture, confiance en soi et Omega 3 ».

« I feel good » n’est pas un « feelgood movie », d’ailleurs j’aimerais que le marketeux qui a déféqué ce terme dans notre quotidien lève la main pour que je puisse le pendre à un feelbad croc de boucher. 

Non ! Je ne vais pas au cinéma, pour me feel good, mais pour aller du grand sourire au larme (Michel si tu nous écoutes). 

J’aime sortir du cinéma moins con que je n’y suis entré... ce qui n’est pas compliqué. 

Et c’est ce que j’ai aimé dans votre film bourré de punchlines, non Hippo pas les lignes de punch, mais ces phrases qui percutent pleines  d’ironie et d’intelligence et qui offrent un regard acéré sur notre société.

Votre personnage Monique fait face à la folie de son frère avec une humanité et un amour désarmants, valeurs cardinales qui sont les seules à en avoir réellement... de la valeur. 

Ce n’est pas de l’individu que viendra la solution, mais de groupes qui se respectent et s’organisent parce que si l’on nous fait croire que le bonheur c’est d’avoir, de l’avoir plein nos armoires, nous ne sommes au fond qu’une... 

Foule sentimentale... on a soif d’idéal, attirée par les étoiles, les voiles, que des choses pas commerciales.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.