Confiné volontaire avec mes 2orphelins, je leur propose chaque soir la Séance de Thomas Croisière et hier c’était...

Extrait de l'affiche du film de René Laloux avec Moebius (1982)
Extrait de l'affiche du film de René Laloux avec Moebius (1982)

Les Maîtres du temps de René Laloux

Réalisateur d’animation français, lauréat du Prix Spécial du Jury cannois avec La Planète sauvage, son précédent chef-d’oeuvre développé avec Roland Topor, René Laloux collabore cette fois avec Moebius, maître de l’art graphique à qui l’on doit L’incal et Le monde du garage hermétique.  

Gaston : J’ai bien aimé et j’avais l’impression que c’était dans le futur  

Normal car il adapte L’orphelin de Perdide du fantastique Stefan Wul, bien meilleur auteur que dentiste, avec aux dialogues le polardeux Jean-Patrick Manchette. Incroyable alliage de talents en métal hurlant. Et c’est vous qui hurlerez en apprenant que les chansons furent écrites par Jean-Pierre Bourtayre, compositeur pour Cloco, Johnny, Dutronc, Elvis et... Michel !  

Sur des paroles co-écrites par le regretté Jean-Loup Dabadie. Mais quittons le maître chanteur pour nos maîtres du temps.

Alfred : Ca part d’un petit garçon sur une planète où son père est mort et l’ami de son père doit venir le récupérer  

Le problème, c’est que l’aventureux Jaffar est dans une galaxie lointaine, très lointaine et que son itinéraire vers la désertique Perdide est truffé d’embuches spatiales.  

Gaston : Le petit garçon là, c’était un peu moi  

Sans doute rêves-tu du décès  de ton père pour découvrir avec insouciance et naïveté une planète hostile au grès des mauvaises rencontres, comme les frelons géants, ou meilleures, comme l’adorable Ouin-Ouin  

Alfred : J’ai bien aimé le petit garçon et j’ai été triste quand Ouin-Ouin il s’est fait prendre par les lianes  

Triste car René Laloux est un précurseur de l’animation adulte où ne résout pas tout avec un morceau de sucre. Mais sa culture de l’imaginaire lui permet aussi de séduire les plus jeunes.  

Gaston : Et aussi les 2 petits robots, ou plutôt pas robot, les deux petits gnomes, je les ai bien aimés
Alfred : C’était un peu Alfred et Gaston
Gaston : Toi, c’était le langage soutenu et moi c’était l’autre  

Idée brillante que la télépathie olfactive de Jad et Yula qui leur permet de sentir bonnes et mauvaises pensées.
Les Maîtres du temps est un film qui fait réfléchir, comme avec le cauchemar totalitaire des créatures ailées de Gamma 10 dont le mantra est « Un individu nie la totalité, la différence tue l’unité ». Je vis le film à 7 ans au cinéma, j’en avais 10 quand il fut diffusé sur TF1, et même si je n’ai jamais tout compris, le visionnage de la cassette betamax de mon père me laissait émerveillé et perplexe.
35 ans plus tard, je constate que mon fils de 9 ans est bien moins con que moi – « pas étonnant » diront ceux dont je sens les mauvaises pensées.  

Alfred : En fait, les maîtres du temps projettent les planètes 60 ans en arrière et tout ça pour les conquérir en fait  

Voilà pourquoi ils sont les maîtres du temps et comment le destin du petit Piel sera révélé. Ce film fantastique, clos par une scène ésotérique dont les novatrices images de synthèse vous feront aujourd’hui sourire, est depuis longtemps perdu dans les limbes de l’espace et du temps. Les VHS sont effacées, mais Youtube l’a piraté. Vive les cultures de l’imaginaire et vive le cinéma  

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