Confiné avec mes deux otakus, je leur propose chaque soir la Séance de Thomas Croisière et hier, c’était...

« Le vent se lève, il faut tenter de vivre ». Ce vers tiré du Cimetière Marin de Paul Valery ouvre ce 11ème et dernier chef d’oeuvre du plus grand réalisateur de films d’animation de l’Histoire : Hayao Miyazaki

Gaston : On a vu tous ses films. Il travaillait au studio Ghibli. Je sais qu’il a fait Totoro, les sortes de hamsters qui avaient leurs couilles trampolines et qui pouvaient se transformer contre les humains et tout ça.

Les couilles trampoline c’est dans Pompoko d’Isao Takahata, le cofondateur du studio Ghibli, auteur aussi du splendide et surplombant Tombeau des lucioles.

Miyazaki, c’est le papa de Mon voisin Totoro et son chabus, Nausicaa et ses omus, Le voyage de Chihiro et ses yokaïs, mais aussi Ponyo, Porco Rosso, Cagliostro et leur préféré de tous : Princesse Mononoke.

Pour son film testament, Miyazaki propose un film tout aussi poétique mais, au risque de dérouter son jeune public, nettement moins onirique, puisqu’il s’inspire de la biographie de Jiro Horikoshi, concepteur de l’avion des kamikazes, le fameux chasseur zéro.

Alfred : J’ai vu que c’était très compliqué d’être ingénieur parce que moi j’ai envie d’être ingénieur et d’ailleurs j’ai toujours envie d’être ingénieur

Oui, car chez Miyazaki, à la différence de chez Disney, tout ne se résout pas d’un salagadou la menchikabou, la bibidiba bidibou.

Notre génial héros idéaliste et rêveur se heurte à l’âpreté de l’avant-guerre et la montée de l’impérialisme nippon.

Gaston : Le garçon, je trouve que c’est très intéressant, j’aurais bien aimé piloter son avion parce que moi j’ai envie d’être pilote d’avion aussi

Les avions, passion de Miyazaki, omniprésents dans son oeuvre et auxquels son studio doit son nom : Ghibli comme les avions éclaireurs italiens.

Et si pour une fois, biopic oblige, il ne peut avoir une femme pour héroïne principale, il crée le personnage de Nahoko, la promise tuberculeuse de Jiro et développe une histoire d’amour d’une extrême sensibilité dans un Japon des années 20 et 30 méticuleusement reconstitué. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard, si Le vent se lève est le seul film d’animation à avoir eu les honneurs de la couverture des Cahiers du cinéma.

Miyazaki, à 72 ans,  nous quitte sur un message clair.

Alfred : Il faut profiter de ses 10 années d’inspiration et on peut réaliser son rêve si on le veut vraiment.

Dans le film, l’ingénieur Caproni, mentor du jeune Jiro lui dit : « Le pic de créativité ne dure jamais plus de 10 ans pour les ingénieurs comme pour les artistes. Vivez pleinement ce pic de créativité ». Et quand je constate qu’Alex Vizorek a débuté sa carrière en 2009 et Guillaume Meurice en 2007, je me dis que c’est vrai. 10 ans, pas plus.

Miyazaki nous rappelle surtout la nécessité de vivre malgré les horreurs du monde, même si ceux qu’on aime ne sont plus là, même si ceux qui sont encore là, on ne peut plus les voir.

Le vent se lève, il faut tenter de vivre... 

Vive le cinéma ! 

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