Pas vacciné avec ses 2 décroissants, la séance de Thomas Croisière hier c’était…"Captain Fantastic" de Matt Ross.

Prix de la mise en scène de la sélection Un certain regard à Cannes et porté par Viggo Mortensen, triple nommé aux Oscars, qui du Seigneur des Anneaux à Green Book en passant par A History of Violence est un des acteurs les plus charismatiques et subtils de sa génération, auquel, tout naturellement, on me compare souvent.

Gaston : Moi je trouve pas que papa il ressemble à Capitaine Fantastic

Tu donneras ton avis quand je te le demanderai ! Si son titre sonne comme une superproduction Marvel, Captain Fantastic est un film indépendant à 5 millions de $ dont le super-héros est un père de famille qui ferait passer Pierre Rabhi pour un néo-libéral.

Alfred : C’est l’histoire d’un père qui a pas mal d’enfants quand même et il les élève dans la nature avec de l’eau qu’il rend potable lui-même, ils font la chasse, ils font des entrainements, enfin la police si elle intervient, elle supprime la garde au père.

Cela fait 20 ans que Ben s’est retiré dans les bois pour élever, avec sa femme, leurs 6 enfants. Il assure leur enseignement académique ; leur éveil culturel – en célébrant, par exemple, non pas la naissance de Jésus, mais celle du penseur anarco-libertaire Noam Chomsky ; et veille également à leur préparation physique.

Alfred : Je trouve que l’entrainement est un chouïa trop dur quand même. Quand ils escaladent des falaises mouillées et qu’ils se craquent les os et qu’après ils font du gainage pendant 40 heures.

Vous l’aurez compris, on est dans le monde merveilleux de Guillaume Meurice.

Alfred : La mère des enfants, elle est à l’hôpital et après ils apprennent qu’elle s’est suicidée. Elle s’est suicidée en s’ouvrant les veines.

Ce qui fait exploser l’utopie familiale de ce père et sa tribu.

Alfred : Donc le père, il est hyper triste, donc il veut assister à l’enterrement de sa femme.

Ils quittent alors la forêt pour un road-trip en bus au cours duquel leur idéal entre en collision avec notre réalité.

Alfred : Sa femme avait caché des lettres et il les a vues et c’était ses dernières volontés. Elle voulait qu’elle soit brûlée

Gaston : Et qu’on jette ses cendres dans les toilettes publiques

Alfred : Et que, attention, il faut qu’on chante et qu’on danse et qu’on fasse de la musique quand elle brûle.

Un enterrement festif, mais les parents de sa femme voient les choses différemment.

Alfred : Alors que c’est tout le contraire de ce que son père voulait faire. Il l’a enterrée, il était tout en noir, du coup le père, il veut intervenir et je vous laisse le suspense.

Vous avez entendu ? Il aura fallu un an pour que j’arrive à faire comprendre à mes rejetons que divulgacher c’est mal.

Captain Fantastic est une fable philosophique qui questionne notre rapport au monde et à la nature.

Alfred : Moi, je ne suis pas forcément pour vivre dans la nature, mais je ne suis pas forcément contre non plus. Je ne suis pas par exemple pour voler dans les magasins, mais je suis pour avoir notre propre citerne, nos propres champs, chasser et tout.

Le fameux « en même temps ». Mon cadet est lui plus tranché lorsqu’il s’agit de vivre en autarcie dans la nature.

Gaston : Il y a des moments où j’aimerais vraiment. En fait, parce que moi j’ai toujours aimé être rebelle ou sauvage. Rebelle, non, mais sauvage j’aime bien, parce que dès que j’arrive au Cap-Ferret, je mets ma tenue de Son Goku, je prends mon épée comme si j’étais dans la nature. Donc, c’est pas comme si, je « love » la civilisation quoi.

J’ai aussi constaté que tu « lovais » moyen les douches et les lessives. Mais je ne suis pas certain que ce soit par militantisme. Comme l’écrit Chomsky : « La véritable éducation consiste à pousser les gens à penser par eux-mêmes ». Et j’ai l’impression qu’avec ses deux couillons, le Captain Croisière Fantastic que je suis, ne s’est pas trop planté.

Vive l’utopie, l’amour, la transmission et… 

Vive le cinéma !

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